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Avoir peur du silence c'est avoir peur de son « moi », être trop sûr de lui. Être trop sûr de son « moi » c'est être trop « raisonneur ».

 
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Marie, Mère Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'Annonciation et la visitation sont les deux mystères joyeux qui seuls ont le droit de l'être pleinement parce que Jésus est encore dans Marie, renfermé, caché en Elle, enveloppé et comme protégé par Elle. Ils ne sont qu'un et cette unité, c'est la Joie.

 C'est même la joie eucharistique, la joie dûe à la présence réelle et agissante, surtout dans la communion où Notre Seigneur vient, grâce à la manducation, habiter notre pauvre corps, un peu comme, en vertu de la maternité divine, il habitait le corps très pur de Marie. Dés l'instant de l'Annonciation, elle est le tabernacle et le ciboire. L'ange l'apprend à Joseph pour qu'il puisse adorer avec elle la divine présence, et par conséquent se plonger lui aussi dans la joie. Cette visitation de l'ange à Joseph est un grand mystère Joyeux, caché dans le demi-silence de l'Evangile.

Dans le mystère de la Visitation à Elisabeth, Marie accourt en toute hâte vers la montagne, semblable au prêtre qui apporte le Jésus caché. Il fallait qu'il restât caché pour tous, afin que la révélation de cette présence divine faite à Jean Baptiste et à Elisabeth fut toute miraculeuse. Mais dés cette révélation, le ciboire éclate en ostensoir, et c'est le Magnificat de Marie transfigurée.

O Marie, montrez-le nous après cet exil de la Terre, dans le face-à-face éternel, et déjà au cours de cet exil, dans ce qui ressemble le plus à la face de Dieu et de son Christ, dans votre visage à vous qui est déjà celui de Jésus à cause de la ressemblance parfaite de la Mère et du Fils.

La maternité divine en Marie regarde et appelle la maternité humaine. C'est pour nous qu'elle peut devenir la mère de ce Jésus qui n'existe que parce qu'il y a les pauvres pécheurs, et qui sans eux ne serait pas venu.

Si elle est la mère de Dieu, c'est que de fait, il y a de pauvres pécheurs dont Dieu veut le retour, et que par sa volonté, ce retour ne peut se faire que par elle, par le fruit béni de ses entrailles, Mais à quel prix ? Nous lui avons coûté son Jésus. Il a fallu qu'elle nous enfantât au pied de cette croix qui le lui ravissait, ou plutôt par laquelle nous le lui ravissions nous-mêmes.

Que l'on calcule, si l'on peut, le poids écrasant de cette douleur et de cette tristesse, ce que peut produire l'absence de son Jésus, son bien aimé, et la présence, si j'ose le dire dans son sein maternel, de tel criminel qu'elle doit pourtant enfanter. Le bien aimé reviendra, elle le verra dans la splendeur de sa Résurrection pour des pâques éternelles. Ce sera une immense joie, immense comme le désir qui les a précédées et appelées. Son Jésus l'a dit de la pâque qu'il devait manger pour se préparer aux suprêmes douceurs : pâque de la Passion, Pâque de la Résurrection, toute la douleur passée, tout l'hiver passé se tournant en un printemps de joie, toute la mort de la douleur absorbée dans la victoire de la joie, toute la douleur de l'enfantement, noyée dans la joie du Fils retrouvé...

Oui, quoi que chaque élu enfanté par elle, ait pu lui coûter, toute la tristesse de cet enfantement se tournera en joie.

Pour tous les fils qui ne sont pas le Fils, elle a connu les douleurs de l'enfantement, mais elle ne connait plus que la joie, la joie qui débordre sur eux de son Coeur maternel, car ils entrent dans la joie de leur mère, par le fait même qu'ils entrent dans la joie du Maître, dans la joie du Père. La joie du ciel est la joie de l'adorable Trinité. Marie elle-même ne fait qu'y participer. C'est la Joie du Père.

Si ces grandes vérités pouvaient toujours nous être vivantes et présentes, nous devinerions peut-être quelque chose du martyre qui serait encore actuellement celui des coeurs sacrés de Jésus et de Marie, si la moindre souffrance pouvait entrer dans le ciel, du martyre qui fut le leur sur notre pauvre terre où ils pouvaient souffrir comme nous et ne pouvaient souffrir qu'infiniment plus que nous. Alors au mystère de la compassion de Marie s'ajouterait celui de notre compassion, de ma compassion pour Marie, et elle pourrait faire boire le coeur déchiré de son Fils à ce beau calice enivrant que serait devenu entre ses mains mon misérable coeur...


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