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Le Christ a vécu pendant des années au sein de la Sainte Famille. Là, le chef en est Joseph, et les sujets qui lui sont soumis sont Marie et Jésus. « Jésus, Lui, grandit en taille et en Sagesse devant Dieu et devant les hommes ».
A la mort de Joseph, Jésus devient le Chef de la « sainte Famille ». Et lui, « plein de grâce et de vérité » depuis sa naissance, va cependant pouvoir faire grandir en Lui, la « grâce capitale », la grâce de chef. Marie se met à son école.
Au moment, donc, où meurt Joseph, commence le règne de cette grâce « capitale » du Christ. Il commence par régner sur Marie, ce qui, d'ailleurs, est plus beau que de régner sur tous les hommes ensemble. Puis, peu à peu, son règne s'étend. Sa couronne sera, certes, une couronne d'épines, mais deviendra couronne de Gloire au-fur-et-à-mesure de l'éclosion des saints.
Tandis que la « grâce capitale » du Christ se développe, celle de Marie, « pleine de grâce » se développe aussi, pour autant que le veut son époux, le Saint Esprit. Sa maternité vis-à-vis du Corps Mystique de son Fils murit dans le silence de la contemplation.
Le Christ règne donc sur le coeur de Marie, coeur confié à Saint Jean au pied de la Croix.
Il y a des gens un peu sentimentaux qui se représentent Jean comme un être un peu grêle, un peu pâle, un peu jeune... Mais non ! Jean c'est le « Fils du Tonnerre », c'est l'aigle. Il tombe sur Marie comme la foudre, il se jette sur Elle comme l'aigle fond sur sa proie.
Regardons l'hospitalité qu'il offre à Marie. Hospitalité dans Tout ce qu'il y a de plus intime, de plus lui-même, l'entrainant dans son enthousiasme, dans toutes les intimités de son être « accepit eam in sua » et pénétrant aussi en Elle comme les serres de l'aigle pénétrant leur proie...
Et Marie, Mère heureuse en son immense douleur, Mère toujours heureuse en tant que mère reçue par Jean a dû s'exclamer : « Dieu prends moi mon fils... Je me donne à toi pour l'Apostolat. Que je vive de la vie de la Rédemption.
Marie est la première chrétienne dans toute la force du terme. Elle enfante depuis la Pentecôte le Corps Mystique de Son Fils.
L'Eglise y est à l'image de la Trinité. Dieu le Père « Pater Silentissimus » se dit Tout entier dans le Fils, Verbe, Logos, Parole. De ce silence engendré dans le Fils jaillit l'Esprit d'Amour.
L'écho du Silence du Père vibre dans le coeur des contemplatifs.
Le Verbe, présent dans le Christ s'exprime par la Prédication.
L'Esprit d'Amour se vit dans l'Amour de Dieu et du prochain.
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1 - Grâce capitale doit être compris au sens de grâce « du chef » (du latin caput : la tête, le chef).
P. Georges.
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