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Il y a une chose dans le coeur de l'homme qui est plus petite qu'une idée et plus grande qu'une idée... Plus petite parce qu'elle n'est pas une idée, et plus grande parce qu'elle est à la racine de la conscience. Cette chose, c'est l'image de Dieu imprimée dans l'âme créée.
 
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Les soixante-treize Livres Bibliques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les soixante-treize Livres Bibliques
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L’Ancien Testament se répartit en trois vastes recueil :
  • Les récits et collections de « Lois » : La Torah
  • Les récits et oracles des Prophètes
  • Les écrits de Sagesse ou Livres Sapientiaux.

 

1 - La Torah

            Les cinq Livres de la Torah forment un édifice grandiose. On le comparerait bien à un sanctuaire dont le centre serait occupé par le Livre de l’Autel et du service Sacré - Le Lévitique - La Genèse et l’Exode conduisant à cette célébration du Mystère de l’Alliance, les Nombres et le Deutéronome partant de là pour orienter vers le pays où l’Alliance doit s’accomplir plus parfaitement. La Torah pourrait être aussi considérée tout entière comme une route : depuis les « origines » qui se confondent avec celles du monde connu ( Gn. 1-11) et depuis les pérégrinations de ses Pères (Gn. 12.50), dont le Sanctuaire portatif et ambulant (Ex. 25-40) s’arrète pour célébrer le culte Divin (Lev.), mais repart sans cesse, en des conditions difficiles (Nm 21-36), tandis que le Seigneur parle au coeur de son Peuple tout au long du chemin (Dt).

            Sauf dans le premier Livre, qui est prologue et préparation, un homme est partout dans le Pentateuque, l’homme de Dieu qui conduit toute l’histoire de son Peuple de la sortie d’Egypte aux abords de la terre promise, le Prophète unique dont la figure domine toute la Bible jusqu’au Christ Jésus, Moïse. La Torah est appelée à juste titre le Livre de Moïse.

A - La Genèse se divise manifestement en deux parties : une grande préface ( Gn 1-11), et l’histoire des Patriarches (Gn 12-50).

            Les onze premiers chapitres comprennent une série de morceaux juxtaposés, non de même source. Ils plongent leurs racines dans un fond de traditions communes au peuple de l’Ancien Orient. Ces traditions sont devenus l’expression d’une vision de l’histoire et le véhicule de profonds enseignements religieux, dans l’optique de la Foi en Yahvé et à la lumière de l’histoire d’Israël. Nous sommes déjà là au coeur des plus grandes pensées bibliques sur la condition humaine, sur le péché et le salut, sur les relations de Dieu et des hommes.

            L’histoire des Patriarches est essentiellement celle d’Abraham (Gn 12-25) et celle de Jacob (Gn 25-50); entre l’un et l’autre se trouve Isaac; et à l’intérieur des récits sur Jacob on lit l’histoire de Joseph. Histoires pastorales, pages archaïques et pittoresques, remplies de sève, de verve, d’émotion. L’Oeuvre de Dieu est ainsi suivie de la complexité des anectodes, le fil de l’  « histoire sainte » se dégage et l’avenir apparaît riche de promesses.

B - Ces prommesses commencent à s’accomplir avec l’histoire de l’Exode. Ce livre comprend trois parties : L’histoire de la Libération des descendants de Jacob en Egypte, les récits du cheminement vers la « montagne de Dieu » et l’Alliance au Sinaï, la description de la « Demeure » construite pour le Seigneur au désert. Cette apparente unité ne l’empêche pas d’être un des recueils les plus composites de la Bible. On y découvre des couches littéraires qui témoignent des étapes de la Tradition : à divers moments de son histoire, Israël a médité sur cette sortie d’Egypte et sur cette Alliance à jamais commémorés par le livre. Les réalités Bibliques les plus importantes sont présentes en ce livre et s’y accumulent. Il suffit du reste de le feuilleter pour s’apercevoir que les événements racontés, les préceptes divins formulés, les enseignements transmis sont ceux qui ont pour ainsi dire crée, structuré et détérminé le destin du peuple de Dieu.

C - Aux dernières sections du Livre de l’Exode (25-31; 35-40), ressemble le Lévitique. On ne peut pas dire que la lecture en soit d’emblée attrayante. Rédaction soignée mais terne. Aucun récit. Une masse compacte de notations et de rubriques sur le culte pratiqué en Israël. On peut seulement distinguer des groupements comme la Torah des sacrifices (Lev. 1-8), un rituel d’ordination sacerdotale (Lev. 8-10), la section du « pur » et de l’  « impur » ( Lev. 11-15) et la grande Torah appelée généralement le « code de Sainteté » (Lev. 17-26). Pourtant, il apparaît peu à peu à la lecture que Dieu a voulu que fussent exprimés là quelques - uns des principes fondamentaux de la vie religieuse de son peuple, peut - être même les premiers principes de cette religion d’approche et de communion au Seigneur de l’Alliance. En tous cas, c’est bien une somme de précisions sur les rapports qui doivent exister entre le « Dieu Saint » et le « peuple saint », un recueil de leçons de choses rituelles. Une doctrine s’en dégege sur des points aussi importants que le sacrifice, le sacerdoce, le péché, la sainteté, la pureté. A le lire, on apprend comment il faut servir Dieu. C’est un manuel de pédagogie du sacré, de liturgie et de sacramentalisme. Il donne le sens de Dieu dans une communauté priante.

D - Cette communauté autour de son Seigneur, on la retrouve, à la fois organisée et en marche, dans les Nombres, sans doute le livre le plus ecclésial de l’Ancien Testament. Certes, nous n’aurions pas, nous, fait de cette façon un traité de la communauté de l’Alliance ! Le recueil n’est que listes, anecdotes, préceptes, coutumes, dont certaines d’un archaïsme étonnant. (Nm. 15;19. Il est en grande partie de source « sacerdotale » (24 chapîtres sur 36) et repense les vieilles traditions en fonction de la situation d’Israël après l’Exil, peuple éprouvé et réveillé par l’épreuve, qui médite ses égarements et veut refaire son unité. Les fameux « dénombrements » du début, qui ont valu au livre son titre, ainsi que les prescription de sanctification et d’offrandes, donnent une image du peuple saint organisé selon une hiérarchie de service. La section centrale du livre, avec les murmures perpétuels au désert et les grondements de révolte, montre à quel point il fût difficile à Israël de marcher avec son Dieu. Pour finir, le livre accumule encore les préceptes, mais l’orientation est nette vers l’entrée en terre sainte. Le thème du livre est donc le drame des grandes tentations du peuple élu pérégrinant vers Dieu et en présence de Dieu qui à la fois le juge, l’éduque et le conduit.

 E - Après la monotonie d’expression et les austères énumérations des textes « sacerdotaux », on sent arriver un grand souffle en ouvrant le Deutéronome. Le livre parle au coeur. Il est certes aussi prodigue en mots et ne craint pas les répétitions. Mais ces amples périodes, comme on en trouve peu ailleurs dans la Bible, de ton oratoire et solennel, sont chaudement persuasives. Et elles sont animés d’une si puissante doctrine, celle de la charité même, que le Deutéronome a pu être appelé un Evangile avant la lettre. L’histoire de l’éléction des Pères et surtout celle de l’Exode et de l’Alliance, dans la perspective de l’occupation de Canaan, en sont la trame et la référence perpétuelle. Les chapîtres du centre (Dt 12-26) sont une réedition de lois anciennes, une réitération de la Torah (titre du livre), mais présentée avec des motivations nouvelles, dans la ligne de pensée des prophètes du VIIeme siècle. Quant aux chapîtres qui les encadrent, préfaces et conclusions ajoutées un peu plus tard, ce sont parmi les plus belles pages de l’Ancien Testament sur le Mystère du peuple de Dieu.



 
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