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Les soixante-treize Livres Bibliques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Les soixante-treize Livres Bibliques
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III Livres Sapientiaux

            La tradition Israélite a groupé sous le titre d’ « écrits » (Kétoubim) des livres qui n’entraient pas dans la Torah et n’étaient pas des prophéties.

            Plusieurs d’entre eux sont des écrits dits « de sagesse » et, bien que de date souvent plus tardive, ont été placés sous le patronage de Salomon.

            Le Livre des Proverbes est essentiellement composé de petites sentences. Sa partie ancienne (prov 10-29) est de l’époque royale et les scribes qui l’ont composée ont fait école. Il s’y manifeste une vive notion de la tradition, au sens d’un enseignement qui se transmet de génération en génération, et une perception très affinée de la justice qui est à la fois don de Dieu et vertu à pratiquer. Le lecteur attentif aura vite fait d’y découvrir des joyaux. Ces maximes représentent avant tout un effort pour appliquer à la vie de tous les jours et aux relations courantes les principes de la religion révélée par Yahvé, un effort par conséquent de formation de la conscience morale à la lumière de la foi et des encouragements à marcher dans la voie de Dieu. On est convaincu que cette voie est celle du bonheur dans la vie présente, la mauvaise conduite étant le chemin de la perdition.

            Achevé aprés l’Exil, le Livre des Proverbes reçu alors comme prologue les chapitres 1-9. La pensée a progressé : après avoir exhorté à accueillir la sagesse des sages et à prendre garde au mal qui vient de l’inconduite, l’auteur dépasse de beaucoup le niveau d’un intelligent savoir vivre. L’intelligence n’est plus seulement un don de Dieu, elle est engendrée par Dieu, et elle sauve les hommes (prov.8). Nouvel appoint pour le messianisme.

            Job est un long et dramatique dialogue en vers, unique dans la Bible; un « eschyle hébreu », a t-on dit. La splendeur et la vivacité du langage n’ont d’égale que l’Extrême variété des ressources mises en oeuvre. Exhortations, hymnes, doxologies, prières, litanies, lamentations, centons, parodies, descriptions. C’est la plus grande pièce d’art biblique, et combien religieuse ! Le thème est celui de l’épreuve, incompréhensible parce que non justifié comme châtiment, celui également de la vertu qui n’aboutit pas au bonheur de l’homme. La réponse ne se trouvera que dans la foi totale en Dieu, dans l’adoration religieuse du mystère de son action.

            L’Ecclésiaste ou, de son nom hébreu, le Qoheleth, adopte le genre littéraire des « pensées ». Il reste assez froid; on dénonce la mauvaise qualité de son style. il a pour excuse d’avoir, avec la perspicacité d’un esprit remarquablement évolué, essayé de traduire des idées abstraites dans une langue qui ne s’y prête aucunement. Lui aussi met, comme Job, le bonheur de l’homme en cause, mais cette fois jusque dans le cas d’une existence apparemment heureuse et comblée. L’insatisfaction est déclarée d’une façon à la fois cathégorique, désabusée et courageuse. Car le sage détachement des choses prôné par le Quleheth est de l’ordre de la foi et traduit son abandon confiant à Dieu.

            Le Cantique des Cantiques est un poème lyrique, poème d’amour qui a les accents de la passion mais aussi de la fraîcheur de l’idylle pastorale. La tradition l’a interprété comme le poème de l’amour de Dieu et de son peuple, dans la ligne des prophètes. Il semble cependant que le thème en est bien l’amour humain, celui de l’homme et le la femme : chant de la création de Dieu quand elle est vécue selon Dieu dans sa pureté et sa profondeur.

            Le double Livre des Chroniques, composé autour de 300, se rattache à la littérature midrashique dont les quatre livres cités ci - après sont de bons exemples. La matière de cet important ouvrage est celle même des livres de Samuel et des Rois. Cependant, les modifications dans la présentation de la même histoire, tout comme les additions et les suppressions effectuées, sont significatives : il ne s’agit pas d’une reprise pure et simple, mais bien d’une autre manière d’utiliser les données historiques, dans une perspective principalement sacerdotale et Messianique, pour proposer à la communauté Judaïque un idéal, un programme et une espérance.

            L’auteur du Livre des Chroniques est celui qui a groupé, avec des pièces de chancellerie comme les decrets gouvernementaux et d’archives nationales comme les listes généalogiques, les mémoires personnels des réformateurs du 5eme siècle. Ainsi ont été formés les livres d’Esdras et de Néhémie, si précieux pour l’histoire et, d’autre part, de caractère parfois si profondément émouvant.

            Le petit livret de Ruth  est rattaché par sa finale à l’histoire messianique. Placées aussitôt le Livre des Juges dans la Bible, ces quelques pages sereines sont une pastorale pure et douce, d’une poésie pénétrante, non sans une pointe polémique contre un certain particularisme dû à la réforme néhémienne.

            Le Livre de Tobie, qui remonte sans doute au IVeme, est encore une pieuse histoire familiale, racontée pour l’édification. On y prône la fidélité persévérante à Dieu à travers les épreuves et une délicate bonté pour autrui. Ce livre témoigne que la vie religieuse israélite d’alors est très profonde.

            Esther, oeuvre du IIeme Siècle, est un beau conte tiré de l’histoire. Sa leçon est fonction de la situation des Juifs opprimés à l’époque maccabéenne. Elle est simple : finalement, les ennemis du peuple de Dieu seront punis tandis que lui sera miraculeusement sauvé et récompensé.

            Judith, de la même époque, utilise d’autres faits, mais avec plus de liberté encore à l’égard de l’histoire réelle. Ce livre veut lui aussi entretenir la foi d’Israël en la victoire éclatante et soudaine de Dieu sur tous ses ennemis, en dépit de tous les démentis d’une situation humiliante et dure.

            Du même second siècle, les deux livres des Maccabées ont été écrits dans un semblable esprit de résistance. Ils n’ont pas le même auteur et sont d’ailleurs assez différents de composition et de style; ils ne se font pas suite. Ce sont des livres d’histoire rédigés dans un enthousiasme communicatif et les précieux témoins d’une époque héroïque. Ils constituent une documentation irremplacable sur l’époque comme sur la foi d’Israël.

            De la littérature « apocalyptique » extrêmement abondante et très répandue de cette époque, la Bible n’a conservé que le Livre de Daniel. Ce livre, autre témoin d’un Israël fiévreux, est une oeuvre complexe. La première partie (Dn 1-6) est un midrash sur l’histoire d’un personnage nommé Daniel. La seconde (Dn 7-12) consiste en visions qui annoncent le triomphe de Dieu sur les ennemis de son peuple. La révélation du mystère du « Fils d’homme venant sur les nuées du ciel », et l’affirmation de la resurrection corporelle, qu’on trouve en ces pages mystèrieuses, prendront toutes leur importance à partir de la prédication de Jésus.

            D’allure beaucoup plus calme est l’ouvrage appelé Sagesse de Ben Sirah. Il a été composé un peu avant la révolte des Maccabées; la traduction Grecque que l’on en possède a été faite au cours du second siècle. C’est un vaste recueil de sentences écrites par un homme cultivé et fin, ouvert et équilibré, très religieux. Là confluent pour ainsi dire toutes les richesses diverses de la tradition Israélite; un bel exemple est « l’histoire Sainte » des chapitres 44-50. Et de même qu’en Prov.8, la Sagesse s’y personnalise et se fait pressentir comme proprement divine au chapitre 24.

            Une méditation sur ce thème du mystère divin de la Sagesse se trouve dans Baruch au chapitre 3. Ce livre est avant tout une magnifique méditation sur la vie de l’homme et sur sa destinée, sur la providence de Dieu dans la nature et dans l’histoire. Dans ce livre encore, la Sagesse se présente et parle comme Dieu même.

            Si nous n’avons pas parlé plus tôt des Psaumes dont le recueil se trouve au milieu de la Bible, c’est que leur composition s’est poursuivie tout au long de l’histoire d’Israël, depuis David jusqu’aux Maccabées. C’est aussi qu’ils ont des attaches avec toute la littérature hébraïque et appartiennent à plusieurs genres. Ils sont vraiment comme le miroir de tout l’Ancien Testament.                                                                                                      

Il est difficile de dater chacun des psaumes avec exactitude. Il en est de très anciens. Beaucoup pourtant sont postexiliens, soit psaumes anciens remodelés, soit compositions nouvelles. Un grand nomre d’entre eux sont dédiés « à David », surtout dans la première partie du recueil.

            On y reconnaît de petites collections : psaumes « des fils de Coré » : 42-49; 84-85; 87-88; psaumes « d’Asaph » : 50; 73-83; psaumes du « règne » : 93-100; psaumes s’ouvrant sur l’Alleluia : 106; 111-118; 136; 146-150; parmi ces derniers, il y a le « Hallel » des fêtes Juives : 113-118, et un autre « Hallel » usuel, comme prière du matin : 146-150; enfin un autre groupe bien déterminé, les psaumes « graduels » ou « cantiques des montées » : 120-134.

            On ne saurait perdre de vue le caractère essentiel des psaumes. Si l’on y retrouve les principales vérités de la Révélation faite au peuple de Dieu, ils ne sont pas pour autant d’abord des réservoirs de doctrine, de compositions idéologiques ou thématiques. Les psaumes sont premièrement des prières. En eux se trouvent rassemblés d’une façon tout à fait extraordinaire et heureuse les différents aspects de la prière tant personnelle que communautaire. Pour les comprendre, il faut les prier. Les psaumes sont de forme poétique. La plupart sont animés d’un souffle qu’il faut sentir, d’un mouvement qu’il suffit de suivre et d’épouser. La littérature universelle ne connaît guère de recueil où les sentiments du coeur de l’homme se soient exprimés avec des accents plus élevés, plus poignants.



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