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Bienheureux ceux qui pleurent... |
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Bienheureux ceux qui pleurent(leurs fautes), car ils seront consolés. (Mt 5/4.)
La béatitude de ceux qui pleurent exprime la tristesse de l’âme devant la faiblesse des hommes, devant leur manque de générosité, leur lâcheté et aussi leur révolte et leur opposition orgueilleuse à l’égard de Dieu et de ses instruments. Cette tristesse qui vient de l’amour prendra des modalités diverses :
- Tristesse de fils, de l’enfant qui a soif du Règne de son Père, soif de sa gloire, et qui voit tous les obstacles humains arrêtant l’extension de ce règne d’amour. - Tristesse de l’épouse qui constate les infidélités et les adultères spirituels de ceux qui, après s’être engagés pour toujours au service exclusif de Dieu, se laissent entraîner par les désirs de l’immédiat, du visible, du palpable, de tout ce qui procure joie et jouissance humaines. - Tristesse de l’ami de Dieu qui sent dans son cœur tous les manques de respect et d’amour à l’égard de son Ami et de son Dieu. - Tristesse de l’Apôtre qui voit combien Dieu est peu aimé, combien peu répondent aux appels divins incessants.
Le Christ a connu toutes ces tristesses.
Nous le voyons pleurer sur Jérusalem qui n’accepte pas la Parole de Dieu. Nous le voyons, après qu’un grand nombre de disciples l’aient quitté pour avoir trouvé sa parole trop dure (Jn. 6/67), se tourner vers les douze et leur demander : « Voulez-vous partir vous aussi ? » Nous le voyons durant l’agonie, accablé par le poids de la tristesse : « Mon âme est triste jusqu’à la mort. »
En réalité, ces tristesses proviennent de l’amour excessif de Jésus pour le Père et pour nous. Elles sont issues de la vue très nette qu’Il a de l’incompréhension de la plupart des hommes à l’égard du moyen divin choisi par le Père pour les sauver. Jésus sait combien les hommes porteront toujours au plus intime de leur nature humaine la nostalgie de la noblesse de leur premier père, de son état de justice originelle qui l’exemptait de toute souffrance et de toute mort, et lui procurait le bonheur humain en harmonie parfaite avec les exigences divines. Les pleurs du Christ, sa tristesse toute divine perdue en l’amour de Dieu sont cette source cachée, extraordinairement féconde, en laquelle l’Eglise toute entière prend naissance. Recommandez (22) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 408
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