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Il y a deux endroits dans lesquels je saurai vivre sans crainte : les terres arides du Causse et le désert infini. Pourquoi ? Parce que la pauvreté est pleine de richesse.
(...)Pour ma part je la célèbrerai (la Messe) en étant unis à tous ceux qui célèbrent et participent à la Messe, donc à vous comme si vous étiez présent, et parce que vous êtes, tout comme moi et chacun des baptisés, présent dans le coeur de Dieu et unis les uns aux autres par Lui Seul. Aujourd'hui, jetons les filets qui nous permettront d'attirer les hommes et non de les piéger... Ce très bel Evangile est là pour nous montrer que sans la grâce nous ne pouvons rien, qu'avec la grâce nous prenons subitement conscience de la distance qui nous sépare de Dieu. Et c'est, paradoxalement, cette prise de conscience qui nous en rapproche le plus car elle nous fait grandir dans l'humilité qui est elle-même le nid de la grâce reçue ! Et la grâce, mon ami, vous en êtes témoin, qu'elle soit naturelle ou surnaturelle, appelle non à la frayeur et à la distance, mais à l'union et à la fusion spirituelle. Si les arômes du raisin et de son terroir ne se ressentaient pas dans le vin, celui-ci n'aurait aucun privilège aux yeux des hommes. Si les arômes de l'homme, de sa nature, de sa vie, et de son terroir caillouteux ne se mêlaient pas à son âme, celle-ci serait spirituellement modifiée, artificiellement élevée et, finalement, si Dieu a choisi de nous faire grandir au milieu d'un monde fou, malheureux, "caillasseux", abject, jamais en paix, toujours en conflit idéologique, social, politique, spirituel... n'est-ce pas pour nous donner l'arôme, le caractère, le détachement... Considérant cela, nous pouvons penser que le délabrement intérieur de l'homme, qui s'accentue au-fur-et-à-mesure que le temps passe, nous permet de devenir un grand cru, spiritueux, aromatisé, fruité, doux et légèrement "racleux" au palais, "trans-substancié" par le péché et la grâce unis dans l'homme et, finalement, sanctifié dans le face-à-face avec Dieu, le vigneron qui recherche le côté original et bienfaisant du cru. Nous ne devenons aigre que si nous brassons du vent, hors nous brassons l'amitié avec Dieu et entre nous, ce qui nous protège du mal absolu, du péché mortel, de la piquette de l'âme.
Ne tournons pas au vinaigre, restons unis les uns aux autres !
Bien, sur ces considérations théologiques ou amicales je vous souhaite un bon dimanche. N'arrosez pas trop votre repas dominical car le bonheur éternel n'est pas pour ce bas monde !
p. Yann
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