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Page 3 sur 12 La formation d'un Prophète
On a tout lieu de croire qu'Isaïe appartenait par sa naissance à l'aristocratie de Jérusalem. Deux grands prophètes du siècle suivant seront des prêtres. Mais il est visible qu'Isaïe n'était pas de race sacerdotale. Au temps d'Isaïe, comme durant toute l'antiquité biblique, les enfants, dés leur naissance, jusqu'à l'âge de six ou sept ans, étaient élevés par les femmes. Sortis du harem, ceux d'entre eux qui étaient destinés à la magistrature ou à des fonctions publiques apprenaient à lire ou à écrire. Les exercices mnémotechniques étaient à la base de l'instruction. On apprenait par coeur les textes sacrés, les proverbes, les psaumes.. Le jeune judéen a le sentiment exaltant d'appartenir à la race élue, promise au plus brillant avenir. Isaïe, cependant, ne citera jamais dans ses poèmes Adam, Noé, Abraham, Moise, Saül, Salomon; mais il parlera des "jours de Madian", car il aimait Gédéon qui lui ressemblait. Il nommera plusieurs fois Sodome et Gomorrhe, car c'est une vision toujours capable de l'émouvoir que celle du feu de Yahweh.. Isaïe commençant fera figure de disciple d'Amos et de continuateur. Ses premiers oracles le montreront imbu de cette influence et reprendront les thèmes favoris du berger de Téqoa. Amos apprend au jeune adolescent de Jérusalem à sonder la plaie d'une civilisation gangrénée. Le monde va de mal en pis. La justice est bafouée. Le culte tout vain et extérieur ne sert qu'à rassurer faussement les âmes.
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