Isaïe est à Jérusalem vers 737. Le règne d'Ozias a été prospère. Mais cette apparence d'euphorie générale ne peut cacher, aux yeux perspicaces d'Isaïe, l'injustice et l'hypocrisie sur lesquels s'appuie l'ordre établi. Sa colère va monter et animer d'admirables poèmes :
Le Chant de la VIGNE 5/1-7 Lorsque la foule a donné raison au vigneron irrité Isaïe conclut: "Le vigneron c'est Yahweh, et la vigne c'est vous". La conclusion du poème est donc purement pessimiste. Le prophète annonce le chatiment, les ravages de la vigne. Le thème de la vigne triomphera dans les Evangiles sous la forme de la parabole (Mt 20 et 23 et de l'allégorie (Jn 15). Le discours où se trouve cette allegorie remplace dans l'Evangile de St Jean le récit de l'institution de l'Eucharistie. La vigne d'Isaïe devenue identique au Seigneur lui-même vient presser sa grappe sanglante dans le calice de la Cène.
L'Anarchie à Jérusalem 3/1-15 La mort prématurée de Jonathan bouleverse la cour. La racine du mal dans Jérusalem est dans l'indifférence des chefs vis à vis de Yahweh. Le prophète reprend la grande image du poème de la Parousie. Yahweh, debout pour juger le peuple, acquitte les pauvres et les opprimés, mais incrimine les chefs. Contre l'Hypocrisie dans le culte 1/10-0 Lamentations sur Jérusalem 1/21-26 Pour atteindre le blanc royaume de la justice il faudra s'ensanglanter les mains aux roches âpres et aux broussailles. Le royaume connaitra les horreurs de la guerre. Mais Jérusalem deviendra "ville de justice", "cité fidèle".