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La deuxième phase (608-597) peut s'appeler le "Gethsémani" du prophète.
Sous JOIAQIM
a) La Philippique : 22;13-19
Elle contient un portrait peu flatté du nouveau souverain, créature du Pharaon.
Vrai despote oriental, injuste et ami du faste.
b) Les fausses garanties
Jérémie, devant un peuple à la nuque raide, démontre qu'il ne faut pas fonder la sécurité sur des appuis branlants: la circoncision, le culte, le corps des Prophètes, l'Etat, le Temple. Une seule chose compte, c'est la "connaissance de Yahweh''. On notera l'impression faite par la grande prophétie contre le Temple (7 et 26) Yahweh n'est pas davantage lié à Sion qu'il ne le fut à Silo.
c) L'annonce de l'invasion et de l'exil.
Elle se fait de plus en plus claire. D'ailleurs Babel est devenu l'instrument de Yahweh pour tout le Proche Orient (25,17-38). Déjà comme un prélude, Jérémie chante en 605 la défaite de l'Egypte à Karkémish : la clef de voûte du "Croissant Fertile" s'écroulait et Nabuchodonosor pouvait poursuivre à l'Ouest sa marche victorieuse. C'est à ce moment que Jérémie donna un sens concret à ses poèmes sur l'ennemi du Nord, prononcés au début de ses activités.
Joiaqim sut s'incliner sans que Juda fut mis à mal. Mais, créature du pharaon, il ne put s'empêcher de recourir à celui-çi ; aussi Nabuchodonosor, vers 602, envoya-t-il contre Juda des expéditions punitives, avant de venir en personne entreprendre un premier siège de Jérusalem en 598-7.
d) Les "Confessions" de Jérémie
Il a exprimé là ses souffrances, qui sont toutes liées à son ministère.
La coloration de sa prédication de menaces, l'échec de son ministère, les persécutions officielles ou sournoises qu'il subit, la maladie, l'isolement moral : autant d'occasions de souffrir qu'il mentionne.
Cette souffrance du Prophète l'a ouvert à son Dieu ; sa piété est une conversation continuelle avec Dieu.
Au moment où le Temple va tomber, où lui-même en est éloigné, Jérémie développe à travers sa souffrance une piété individuelle qui a ses défauts (fiére : 12,3 intéressée : 20,12) mais achemine à l'Evangile.
Jérémie est le père de ces "clients de Yahweh" qui s'appelleront plus tard ses "pauvres".
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