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Annuaire Reflexion spirituelle Saints

Saint Basile - Sacerdoce Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Saint Basile - Sacerdoce
Election d'Eusèbe
Contestation de l'élection
arianisme et idolâtrie
Grande colère de Julien
Persécutions sanglantes
Ordination de Basile
Mort de Julien
Retour de l'arianisme
Appel de Grégoire à Basile
Victoire sur l'arianisme
Basile auprès d'Eusèbe
contemplation et action
lutte contre la famine
talents d'autorité
égarement de Césaire
Césaire miraculé et baptisé
Mort de Césaire
Abandon de la succession

Egarement de Césaire

Césaire était, comme Grégoire, le fils de cet ancien professeur de rhétorique, jadis païen, converti au christianisme par les prières et l'exemple de sa femme Nonna, qui, déjà vieux, fut élevé au siège épiscopal de Nazianze. D'abord compagnon d'études de Grégoire en Cappadoce, Césaire le suivit à Césarée de Palestine; là, trouvant un enseignement excellent pour la rhétorique, mais médiocre pour les sciences, vers lesquelles le portait un goût irrésistible, il quitta son frère afin d'étudier la géométrie, l'astronomie et la médecine à Alexandrie. Devenu excellent médecin, il partit pour Constantinople, où il acquit une prompte renommée. Les plus séduisantes perspectives s'ouvrirent à son ambition. On sollicita pour lui, de Constance, le titre de médecin de la cour; un siège lui fut offert au sénat de Constantinople; un riche mariage lui fut proposé. Se dérobant, pour un temps, à ces honneurs et à ces espérances, Césaire revint en Cappadoce; il avait hâte d'embrasser ses parents et de revoir sa terre natale. Mais il retourna bientôt à Constantinople; il y fut bien reçu, entra très avant dans l'intimité de l'empereur, et se fit estimer de tous par sa science professionnelle, la pureté de ses mœurs, son désintéressement. Quand Julien eut succédé a Constance, la situation de Césaire ne fut pas ébranlée. Les mesures prises par Julien contre les familiers de Constance ne l'atteignirent pas. Le nouvel empereur sembla mettre son amour-propre à séduire Césaire et à le gagner à sa cause. Ce fut le motif d'une grande inquiétude pour Grégoire et pour le vieil évêque de Nazianze. Celui-ci ne prononçait plus le nom du brillant médecin, tant la faveur de Julien lui semblait un outrage ; quant à Nonna, son époux et son fils la tenaient soigneusement dans l'ignorance : on craignait une émotion trop vive pour son âme ardente, d'un christianisme un peu farouche. Elle qui se faisait une loi de ne pas donner la main à une païenne et de ne jamais passer devant un temple d'idoles, comment eut-elle supporté la présence d'un de ses enfants près d'un empereur apostat, persécuteur de la religion chrétienne ? Grégoire écrivit tout cela à son frère : « Quelle honte pour le fils d'un évêque! et quelle situation va être la tienne parmi la catégorie méprisée des chrétiens qui tolèrent et se laissent tolérer, ou dans les rangs plus méprisés encore de ceux qui, par ambition, font des choses indignes de leurs croyances ! » A ces éloquents reproches, Grégoire joint une considération capable de toucher un riche bourgeois de la Cappadoce, assez solidement établi en ce monde pour être inexcusable de risquer l'honneur au service de la fortune : « Sans aucun doute, nous possédons assez de bien pour vivre honnêtement et libéralement, si nous savons régler nos désirs. » On ne sait quel accueil Césaire eût fait à ces remontrances, mais la hâte de Julien précipita la solution. Les apostats aiment à entraîner les autres dans leur chute : au désir de faire un prosélyte se joignait, chez l'empereur païen, la joie perverse de corrompre le fils et le frère des deux Grégoire de Nazianze. Rien ne fut négligé : promesses d'honneurs, d'argent, arguments captieux. Césaire aimait beaucoup la vie de la cour, mais il était sincèrement pieux. Il repoussa les promesses et réfuta les arguments. Ne craignant pas d'élever la voix en présence de son souverain : « Je suis chrétien, cria-t-il, et le serai toujours. » Julien se sentit vaincu ; dans le langage d'oracle où il se complaisait : « L'heureux père ! dit-il, mais les malheureux enfants ! » C'était la rupture : Césaire abandonna ses charges et revint à Nazianze.



 
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