Demandons au Saint Esprit qu'Il nous fasse découvrir la richesse du discours du silence, support d'humilité parfaite qui développera en nous les Dons de ce même Esprit.
De l’erreur de ceux qui mettent toute leur affection dans les consolations et les visions.
1.- L’amour-propre spirituel cause un mal plus grand à l’âme lorsqu’elle aime et recherche uniquement les consolations et les visions que j’accorde souvent à mes serviteurs (113). Dès qu’elle s’en voit privée, elle tombe dans le chagrin et l’ennui, parce qu’il lui semble qu’elle est privée de la grâce lorsqu’elle ne sent plus ma présence ; car, comme je te l’ai dit, je parais et je disparais dans l’âme, afin de la rendre parfaite. Elle tombe dans l’abattement et croit être réprouvée dès qu’elle perd la consolation et qu’elle sent les attaques de la tentation.
2.- Elle ne devrait pas se laisser ainsi abuser par l’amour-propre spirituel, qui lui cache la vérité. Qu’elle sache que moi, le souverain Bien, je suis en elle pour soutenir sa volonté pendant le combat, et pour l’empêcher de reculer en recherchant la consolation. Elle doit s’humilier et se reconnaître indigne de la paix et du repos de l’esprit. Je me retire d’elle pour qu’elle s’humilie et qu’elle reconnaisse ma charité dans la volonté droite que je lui conserve pendant le combat.
3.- II faut qu’elle ne reçoive pas seulement le lait de la douceur que je lui présente, mais il faut- qu’elle s’attache au sein de ma Vérité, et qu’elle reçoive le lait avec la chair, c’est-à-dire qu’elle se nourrisse du lait de ma douceur par le moyen de la chair de Jésus crucifié, dont j’ai fait un pont pour que vous arriviez à moi. C’est pour cela que je me retire. Si l’âme avance avec prudence et sagesse, je reviens bientôt à elle avec plus de douceur, de force et de charité ; mais si elle reçoit avec trouble et tristesse la privation des douceurs spirituelles, elle y gagne peu et reste dans sa tiédeur.