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Page 10 sur 42 Des signes auxquels on connaît que l’âme est arrivée à l’amour parfait.
1.- Je vais te dire maintenant quel signe prouve que l’âme est arrivée à l’amour parfait. Ce signe est le même signe qu’on vit dans mes disciples, lorsqu’ils eurent reçu l’Esprit Saint. Ils sortirent du Cénacle, perdirent toute crainte et annoncèrent ma parole, la doctrine du Verbe mon Fils bien-aimé. Loin de redouter la souffrance, ils s’en glorifiaient ; ils ne craignaient pas de paraitre devant les tyrans du monde et de leur dire la vérité pour l’honneur et la gloire de mon nom.
2.- Ainsi, lorsque l’âme s’est renfermée dans la connaissance d’elle-même, comme je te l’ai dit, je retourne vers elle par le feu de ma charité. Cette charité, pondant qu’elle persévérait dans sa retraite, lui a fait concevoir la vertu par amour, en lui communiquant ma puissance ; avec cette puissance elle a dominé et vaincu sa passion sensitive.
3.- Par la même charité, je l’ai fait participer à la sagesse de mon Fils, et dans cette sagesse elle voit et connaît, par l’oeil de l’intelligence, ma vérité et les égarements de l’amour-propre spirituel, c’est-à-dire l’amour imparfait de la consolation. Elle connaît la malice et les mensonges avec lesquels le démon abuse l’âme qui est liée à cet amour imparfait ; elle se lève avec la haine de l’imperfection et avec l’amour de la perfection.
4.- Par cette même charité, qui est le Saint-Esprit, je la fais participer à sa volonté, en fortifiant la volonté qu’elle a de supporter toute peine, de sortir de la retraite (118)
pour mon nom, et de produire des bonnes oeuvres envers le prochain. Elle ne sort pas de sa connaissance, mais elle fait sortir d’elle-même les vertus conçues par l’amour. Elle les montre de différentes manières, quand les besoins du prochain le réclament ; car elle n’a plus la crainte qu’elle avait de perdre ses consolations spirituelles.
5.- Elle est parvenue à l’amour généreux et parfait, et elle agit au dehors sans penser à elle-même. L’âme arrive au second degré de ce troisième état parfait, où elle goûte et enfante la charité du prochain. Elle obtient ce degré de parfaite union en moi. Ces deux derniers degrés sont unis ensemble, et l’un n’est pas sans l’autre ; mon amour n’est jamais sans l’amour du prochain, et celui du prochain, sans le mien, ils ne peuvent être jamais séparés : de même, ces deux degrés ne sont jamais l’un sans l’autre, comme je te le montrerai en t’expliquant le troisième état.
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