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Le silence rend fidèle à Dieu; et la fidélité est la plus grande, la plus belle, la plus honorable manifestation discrète de l'Amour.

 
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Oeuvres de Maitre Eckhart Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Oeuvres de Maitre Eckhart
de l'abnégation
De l'abandon des choses
de la vigilance
la puissance de la volonté
la puissance de la volonté (2)
du détachement
du détachement (2)
la retraite spirituelle
la retraite spirituelle (2)
Oeuvre et être
vie contemplative
de la pauvreté en esprit
de la perfection de l'âme
de la perfection de l'âme (2)
de la connaissance de Dieu
de l'union de Dieu et de l'âme
des justes

La retraite spirituelle (2)

 

Qui a ainsi Dieu, essentiellement, celui-là seul prend Dieu divinement et Dieu rayonne devant lui à travers toutes choses : toutes lui donnent le goût de Dieu, dans toutes Dieu se reflète en lui, Dieu lui-même a en tous temps un regard en lui. Il est détaché de tous liens et son imagination est orientée à l'intérieur, vers l'objet de son amour, vers Dieu. - Comme quand quelqu'un a une soif ardente, une grande soif. Il fait sans doute autre chose que de boire, il peut aussi penser à d'autres choses. Mais quoi qu'il fasse, où qu'il soit et dans quelque dessein que ce soit, l'image de la chose à boire ne le quitte pas, aussi longtemps que sa soif dure. Et plus sa soif est grande, plus intérieure, présente et continuelle devient l'image de la chose à boire. Ou bien, qui aime quelque chose de tout son coeur, en sorte qu'aucune autre chose ne lui dit plus rien et ne lui va au coeur, et qui n'a que que cette chose en l'esprit et absolument rien d'autre, par ma foi ! où et en quelque compagnie qu'il soit, quoi qu'il fasse et à quelque besogne qu'il se mette, l'objet de son ardent amour ne s'éteint jamais en lui, en toutes choses il retrouve son image, et plus son amour devient puissant plus il a cette image devant les yeux.

  Cet homme ne cherche pas la paix : car aucune alarme ne le dérange. Cet homme est bien noté auprès de Dieu : parce qu'il prend toutes choses divinement, meilleures qu'elles ne sont en soi. Naturellement il faut pour cela de l'application et de l'abnégation et une surveillance rigoureuse de notre intérieur, et une conscience éveillé, vraie, agissante sur laquelle l'âme doit faire fond en dépit des choses et des gens. Ce n'est pas en fuyant le monde extérieur, en fuyant devant les choses et en se tournant vers la solitude, qu'un homme peut avoir une telle conscience. Mais il doit apprendre la solitude intérieure, où et en quelque compagnie que ce soit-, il doit apprendre à se faire jour à travers le choses, à saisir son Dieu au-dedans des choses, et à devenir capable de se le représenter effectivement en son intérieur, comme étant devenu maintenant une détermination de son être propre.

  Tout comme quelqu'un qui se propose d'apprendre à écrire. S'il doit jamais devenir maître dans cet art, par ma foi ! il doit s'exercer beaucoup et souvent, quelque amer et pénible que cela lui soit, et bien que cela lui paraisse autant dire impossible. S'il persévère seulement dans son application il apprend cet art et en devient maître ! Naturellement, il faut d'abord qu'il pense séparément à chaque lettre et se la représente exactement, ce qui ne va pas sans peine. Plus tard, une fois qu'il a la connaissance de son art, il écrit d'une plume alerte avec ardeur, qu'il s'agisse de jeux de plumes ou d'affaires plus sérieuses qui requièrent son art : il lui suffit simplement d'avoir conscience de vouloir manifester en fait son aptitude. Et encore qu'il ne pense pas en permanence aux lettres, mais à toute espèce de choses, il n'en accomplit pas moins sa tâche en vertu de son art.

  Aussi l'homme qui jouit de la présence divine doit aussi rayonner sans aucun travail, il n'a pour tâche que de se dépouiller simplement de tous éléments étrangers, et une fois pour toutes rester vide des choses. Ici aussi il faut au commencement une application d'esprit et un attentif travail préalable, analogue au tracé de l'a b c pour l'écriture : mais finalement l'homme doit être pénétré par son objet divin, informé par la forme de son Dieu soigneusement entretenu et chéri dans son coeur, et être avec tout son être si enraciné en lui que Dieu, présent, rayonne en lui sans aucun travail.



 
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