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14ème dim. tps ordinaire A
« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Aujourd'hui la Parole de Dieu est une parole qui nous porte à espérer dans la faiblesse. Plus l'homme est faible, plus l'homme se sent pécheur, plus il peut espérer entrer dans le grand Mystère de la Miséricorde divine.
Dieu ne se révèle pas à l'homme « riche ». C'est-à-dire qu'il ne peut faire fructifier l'âme de celui qui se croit à l'abri du malheur, de celui qui relativise son mal pour entretenir celui-ci, de celui qui se sert du malheur des autres pour s'enrichir lui-même, mais aussi de celui qui se juge lui-même perdu et sans devenir, sans espérance et plein de rancoeur.
Il se révèle à celui qui, étant dans le malheur, étant conscient de sa misère, étant dans une période d'épreuve ou devant faire face à une épreuve continuelle dont il n'arrive pas à s'échapper, continue de rendre grâce à Dieu simplement en tendant dans l'Espérance vers la Miséricorde divine. Alors même que cet homme tomberait par périodes dans la désespérance, Dieu le relèverait, car cet homme cherche un appui qui le dépasse malgré sa misère.
Le Seigneur Jésus, dans cet Evangile, envoie à toute l'humanité un message de grande importance, un message primordial pour la paix dans le monde ! Il nous réconcilie avec nous-même et avec l'humanité toute entière y compris nos ennemis. Il nous enseigne que, quel que soit le poids écrasant de nos fardeaux qui s'accumulent tout au long de la vie pour ne faire plus qu'un seul fardeau qu'est notre propre faiblesse à porter le poids de la croix personnelle, Il est là, notre Seigneur, notre Dieu, notre Roi, qui nous demande ceci : « «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Cette demande permet de distinguer un mouvement : « Venez à moi », une condition : « vous tous qui peinez sous le fardeau », une solution « vous trouverez le repos ». C'est exactement le même cheminement que le Christ a fait au mont Golgotha lors du chemin de Croix : « Je monte vers mon Père et votre Père ». Il a peiné sous le poids de la Croix. Il a marché avec son fardeau sans s'arrêter sinon pour tomber mais tomber pour se relever et continuer à monter, à cheminer... Il est arrivé au lieu où le fardeau de la Croix a porté Dieu Lui-même, où le poids écrasant de la Croix est devenu porteur de la Miséricorde de Dieu Lui-même. Le Christ a trouvé le repos qui l'a ressuscité le premier d'entre les morts. Et il nous le dit maintenant « prenez sur vous mon joug ! » Il n'est pas chargé du poids de la faiblesse de Dieu mais de la légèreté de son humilité parfaite de coeur, de l'absence du jugement des « riches » qui chargent les fardeaux des autres mais ne les touchent pas du doigt comme l'a dit si justement le Christ lui-même dans un autre passage de l'Ecriture.
Il y a donc dans la première lecture du livre de Zacharie une préfiguration de l'alliance du Roi à la Croix et de la Croix à notre propre espérance, à la transfiguration du fardeau en élan d'espérance.
« Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l'arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. »
La seconde lecture nous permet alors de comprendre ce que signifie très exactement « appartenir au Christ » :
« Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair. Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez. »
Ce ne sont pas la chair et le sang qui nous enseignent le Christ mais l'Esprit Saint dans l'esprit de l'homme, agissant et transfigurant notre misère, notre condition humaine en condition divine. Ainsi, « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » - et ne vous jugez pas vous-même- car seuls les riches, ceux qui ne considèrent pas leur nature endettée par le manque d'humilité, ou qui se considèrent irrémédiablement perdus, jugent et n'appartiennent pas au Christ.
Il y a dans l'homme pécheur quelques grandeurs qui ne peuvent pas lui être arrachées parce qu'elles font partie de sa nature : ce sont à la fois l'humilité du silence qui opprime la parole accusatrice des riches, ce sont les chaines de l'esclavage qui sont promesses de sa libération, c'est l'ouverture à l'espérance qui n'est plus que la seule raison de vivre d'un tel homme. A celui-là, assurément, il sera donné le repos du poids de la miséricorde divine et la légèreté de la douceur connue de ceux qui sont vraiment « humbles de coeur ». Amen. Recommandez (33) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 232
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