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Homélie ouvriers de la dernière heure Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
« Il est proche de ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité » nous dit le psaume de ce jour. A Cana, Il change l'eau en vin pour les Noces. Ici, Il demande des ouvriers pour travailler à sa vigne. L'Evangile ne dit pas « pour la récolte » mais bien « pour travailler à sa vigne ». Cette distinction est intéressante...  Travailler, ce n'est pas récolter, travailler c'est préparer la récolte, faire en sorte que la récolte soit bonne. Enfin, ce travail sera récompensé par une belle récolte si les alinéas climatiques s'y prêtent, et un bon maître de domaine partage alors sa joie avec ses ouvriers comme ce Père capable de tuer le veau gras pour tous afin que sa joie se répande à toutes ses connaissances. Une récolte c'est la naissance du fruit d'un labeur allié à un terroir et à un climat.
Le labeur est donc un point important, sans labeur pas de récolte à venir ! Pour travailler à cette vigne qu'est l'Eglise, le Maitre appelle tous les hommes et il dit aux méchants, par l'intermédiaire du prophète Isaïe « d'abandonner son chemin ». Celui qui ne sait pas quoi faire pour l'Eglise, qu'il n'attende pas quelqu'un pour l'embaucher, qu'il se mette à l'écoute du Maître, qu'il sorte et qu'il se mette sur la place ! Qu'il découvre son âme pour la centrer comme la fiancée qui cherche celui que son coeur aime (Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche - 1ère lecture du Livre d'Isaïe 55,6.) « Mettons dix fois plus d'ardeur à le chercher » car « celui qui (le) cherche (le) trouve » et, le trouvant, sort de son chemin pour marcher à la suite du Christ, pour marcher à la suite de celui qui a planté la vigne. Il part vers la vigne pour y faire fructifier son talent, se fait embaucher et trouve sa récompense en premier lieu dans la joie de son Maître qui se donne à tous aussi intensément pour mettre en valeur l'homme de bonne volonté.
L'Eucharistie est le Sacrement qui rend fort celui qui travaille à la vigne, le Sacrement de pénitence celui qui panse la plaie du pécheur et couvre les erreurs du travailleur, et le dernier jour offre le fruit de la charité parfaite fixé pour l'éternité.
Le Seigneur confie sa vigne pour nous donner le ciel, le talent dernier. Il ne faut pas enterrer son talent, il faut partir à la vigne pour épanouir son humanité au contact du sens final de la vie. Tous nos efforts d'une journée, d'une année, d'une vie ne sont rien. Ils ne suffisent pas à justifier le don de Dieu pour nous. Ce don de Dieu est gratuit, et c'est la raison pour laquelle il a pour tous la même valeur ! Les premiers seront les derniers : Bienheureux qu'il en soit ainsi puisqu'ils seront alors traités comme les derniers qui sont les premiers (c'est la raison pour laquelle le Maitre donne le salaire aux derniers en premier, afin de provoquer cette réaction chez ceux qui ont travaillé toute la journée et de sonder leur coeur et le don d'eux-même). Le Christ provoque cette réaction pour suggérer une inversion de regard chez les hommes, nécessaire pour le raccrocher à celui du Dieu offert. Ne jugeons pas pour ne pas être jugés ; l'ouvrier de la onzième heure, le bon larron qui est converti à cette même heure à la croix, reçoit le même accueil, car le baptême donné par le Christ vient de la même source, du don total de Dieu. Il nous engage sur le chemin d'une seule Espérance (chemin contraire à celui du "méchant"), elle-même mu par notre travail de conversion, de greffage, de taille, de décavaillage... Notre ardeur au labeur n'est pas la promesse de la récolte car le soleil de Dieu est indispensable à la maturation, mais il y contribue et il est nécessaire pour nous apprendre le don de soi. C'est ainsi que nous ne serons de bons grains que si notre don à Dieu nous amène au don de nous-même. Ne pas chercher du travail serait demeurer sur le mauvais chemin, notre talent est utile aux yeux de Dieu pour sa vigne. Saint Paul nous le dit clairement : « Vivre c'est le Christ » et si pour l'homme, vivre ce n'est pas tout entier le Christ, alors mourir ne peut être en effet un avantage.
Prions donc le Christ de répandre largement le Paraclet en ces temps modernes, afin que l'homme redécouvre l'Espérance d'une vie rattachée à sa finalité propre et aux racines de sa cause première : Dieu offert. Amen.
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