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Il y a une chose dans le coeur de l'homme qui est plus petite qu'une idée et plus grande qu'une idée... Plus petite parce qu'elle n'est pas une idée, et plus grande parce qu'elle est à la racine de la conscience. Cette chose, c'est l'image de Dieu imprimée dans l'âme créée.
 
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Homélie du 27ème dimanche A Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
La vigne du Seigneur est une richesse qu'Il veut faire produire pour sa Gloire, et sa Gloire c'est son Amour et son Don. Nous voyons à travers elle toute la richesse de l'humanité qui a pour finalité de produire une essence qui réjouit le coeur de Dieu et le notre. Dieu a fait lever le Peuple d'Israël en ce sens, mais la doctrine a pris le pas sur l'amour et a rendu la vigne stérile. Le terroir était pourtant excellent, ce peuple échappant même à l'oppression du Pharaon était désormais prêt à produire un fruit d'exception dans un pays où ruissellent le lait et le miel.
En quoi peut-on dire qu'un homme ne produit pas du fruit alors que tout le plan de Dieu consiste à le faire entrer dans ce bonheur fusionnel de l'essence divine et à le partager avec tous ses frères ?


Nous le voyons au cours des Ecritures, Dieu a toujours voulu se greffer à chacun de nous :

  • Dans l'Ancien Testament, cette greffe a été tenté par l'entremise de Moïse qui donne au peuple, à chaque plant de vigne, le pain venu du ciel, la greffe affective et spirituelle du Père, du propriétaire de la vigne. Le peuple d'Israël récrimine contre Dieu, il n'est pas heureux de cette attention qui ne varie pas et cherche à obtenir plus à travers les idoles et ce veau d'or.
  • Dans le Nouveau Testament, le Père envoie son Fils qui se livre corps et âme aux vignerons qui exigent tout de la vigne et rien de leurs propres sacrifices et obéissance à Dieu. Ils chargent la vigne de ce fardeau, la somme de produire du fruit sans même lever le petit doigt pour entretenir cette vigne par une main attentive et délicate. Le Père envoie donc son fils non pour les bien-portants, non pour les gérants de la vigne, non pour les aveugles qui ne voient pas dans quel état ils conduisent la vigne, mais pour les malades, pour la vigne elle-même qui a pour ainsi dire qu'une valeur cachée à cause de l'oppression romaine d'une part et de l'incrédulité de certains hauts-dignitaires juifs d'autre part. Le Père envoie alors le pain de l'Eucharistie, son Fils, qui se livre librement à sa vigne afin d'y greffer le Verbe et l'Esprit Saint qui habitent dans le coeur de ce peuple nouveau, de ces hommes nouveaux, de ces outres neuves, de ces vignes renouvellées par le Fils, dans l'Esprit et selon la Volonté du Père.


Il y a donc trois conditions pour ne pas renier cette greffe et pour qu'elle nous fasse produire son fruit :


  1. La première est de s'ouvrir à Dieu (Ephata), d'accueillir chaque jour de notre vie la sève de l'humanité nouvelle et, par un acte de libre arbitre de chaque instant, d'offrir nos vies à Dieu qui saura bien mieux l'épanouir avec nous que nous seuls sans Lui.
  2. La seconde est de nous lever (talita koumi) et de nous orienter, dans un même élan -et dans une même Eglise qui devrait être unie par les liens de la charité et sans oublier les liens sacramentels source de cette charité vraie- vers le soleil divin, vers la grâce sanctifiante que nous puisons dans les Sacrements offerts aux sarments... Alors nous découvrons que chaque cep a sa valeur et nous ne sommes pas en mesure de juger les uns et les autres. En effet, Dieu seul sait quelle part de soleil l'inonde et avec quelle alchimie divine entre ce soleil et le don imparfait de chacun de nous, les vertus édictées dans la seconde lecture nous permettent de prendre racine dans le terroir ecclésial normalement entretenu par l'Eglise enseignante (évêques, cardinaux, Pape, Patriarches). Sachons alors reconnaître les vertus qui germent et croissent en nous afin de rendre grâce à Dieu pour cela. Car les vertus conduisent aux béatitudes qui nous soumettent alors dans un grand mouvement de libération aux Dons du Saint Esprit, Esprit d'Amour et donc de fructification finale des fruits d'une vie de cep de vigne.
  3. Enfin, la troisième condition pour que notre greffe porte du fruit et que nous ne chassions pas la grâce divine et l'amour divin dans notre vie voulue et offerte par Dieu, c'est, dans un mouvement d'abandon à la Providence, d'entendre l'appel du fils qui nous dit « Viens et suis-moi ». En effet, la vigne ayant produit son fruit doit accepter de tout perdre pour la grande récolte finale. Elle doit accepter de passer par le pressoir, c'est-à-dire par la perte de toute sa richesse, son essence, sa vitalité, sa fructification. Le vigneron passe, il prend les fruits, et le plan accepte de se livrer (comme le Christ), d'offrir ce fruit. Plus le fruit est beau, plus la vigne devrait être heureuse de l'offrir à celui auquel ses fruits reviennent de droit. Car ces fruits n'auraient rien pu être sans la grâce, sans l'amour divin, sans l'action de l'Esprit Saint et le don du Fils. Ainsi, ces fruits ne nous appartiennent pas, ils n'appartiennent pas non plus à quelques-uns qui auraient quelque autorité au sein de l'Eglise, non. Ils appartiennent à celui qui a tout donné, et c'est parce que nous accepterons de suivre le Christ et de tout donner à notre tour, d'accepter la nuit des sens et de la vie, la nuit de la fin de nos jours, qu'alors nous appartiendrons à Dieu comme le Christ. "Nous sommes au Christ et le Christ est à Dieu". Il n'y a qu'une richesse qui compte pour le chrétien, c'est de tout perdre pour Celui qui nous a tout donné. Demandons à Dieu de nous faire comprendre "qu'obéissance vaut mieux que sacrifice" car l'obéissance conduit au sacrifice vrai ! L'obéissance est en premier lieu la loi de l'amour et non de la soumission, elle offre par héritage universel l'essence divine en plus de la récolte. Amen.

 P.Y


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