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Réactions suite à l'élection
L'élévation de Basile fit éclater les sentiments les plus divers : allégresse des orthodoxes et de la majorité du peuple de Césarée; applaudissement du vétéran des luttes pour la foi, saint Athanase; joie discrète et profonde du plus cher ami de Basile, Grégoire de Nazianze, qui, par un excès de délicatesse, hésita longtemps à venir féliciter le nouvel élu, et refusa les dignités que celui-ci lui offrait; dépit de Valens à la vue de la puissante digue élevée contre le flot montant de l'arianisme. Mais une pénible épreuve attendait Basile dès le début de son épiscopat. L'opposition faite à son nom se prolongea après qu'il eut été élu. Un sentiment d'envie, d'ambition blessée, anima contre lui beaucoup de ses suffragants. Ceux-ci avaient déjà manifesté leur humeur par des traits malins décochés au vénérable et doux évêque de Nazianze. Ils cherchèrent toutes les occasions de montrer à Basile que s'il était devenu leur supérieur, c'était bien malgré eux. Aucun de ses desseins n'obtenait leur approbation. Toutes ses avances étaient dédaigneusement repoussées. Négligeait-il d'inviter quelqu'un de ces opposants à une fête de son Eglise, à une commémoration de martyr ? Ils se plaignaient avec amertume. Envoyait-il une invitation ? Ils refusaient de venir. Un jour, le bruit de sa mort se répandit dans la province : ils accoururent avec empressement à Césarée, où Basile les accueillit par de sévères paroles. En sa présence, ils promettaient de s'amender. Rentrés dans leurs diocèses, ils reprenaient leur opposition. Basile eut même la douleur de voir un proche parent se mêler à eux. On ne sait pour quel motif un de ses oncles, évêque aussi en Cappadoce, rompit avec lui. L'affaire fut envenimée par une maladroite démarche d'un des frères de Basile, Grégoire, le futur évêque de Nysse, et la rupture eût sans doute longtemps duré, si Basile, oubliant sa dignité de métropolitain, ne s'était décidé à écrire le premier à son oncle une lettre affectueuse. Avec d'autres, la réconciliation fut moins facile. Il faudra à Basile plusieurs années de patience, de douceur, de charité, pour ramener peu à peu à lui ces esprits dévoyés, et faire enfin tenir à des adversaires conquis par sa vertu le propos que rapporte saint Grégoire de Nazianze : « Qui s'oppose à Basile s'oppose à Dieu. » Recommandez (57) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 552
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