Découragé, le préfet du prétoire vint faire son rapport à Valens. « Seigneur, dit il, nous sommes vaincus par cet évêque. Il est supérieur à toutes les menaces, ne se laisse ébranler par aucun discours, et demeure insensible aux flatteries. Il faut nous attaquer à de plus faibles. De lui l'on obtient rien : une seule voie reste ouverte, la violence. » Valens recula devant cette extrémité. Moins brutal que ses serviteurs, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'admiration pour tant de courage. Quelque apaisement se fit dans son esprit. « Le fer se laisse amollir par le feu, » dit saint Grégoire de Nazianze, qui ajoute : « Mais il ne cesse pas pour cela d'être du fer. » Valens se demanda par quel moyen, sans abandonner ses propres opinions, il parviendrait à se concilier Basile. L'approche d'une des grandes solennités de l'Eglise parut lui en donner l'occasion.