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Saint Basile - Les affaires de la Cappadoce |
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Difficultés avec l'Evêque Anthime
Mais du choix de Tyane allait naître, pour Basile, une nouvelle épreuve. Cette ville avait alors un évêque appelé Anthime, jadis en bon accord avec son supérieur de Césarée, car il avait signé en même temps que lui une lettre adressée aux prélats de l'Occident. Mais Anthime, bien que fort avancé en âge, semble avoir été tout ensemble ambitieux et cupide. Il vit dans la promotion de Tyane au rang de capitale une occasion d'augmenter l'importance de son siège. Il imagina d'en faire la métropole religieuse en même temps que civile de la seconde Cappadoce, et de revendiquer comme suffragants tous les évêchés, jusque-là relevant de Césarée, qui se trouvaient dans cette partie détachée de l'ancienne province. Comme conséquence, il prétendit mettre la main sur ceux des biens et des revenus du siège métropolitain qui étaient répartis dans les limites du nouveau territoire. C'était détruire la stabilité de l'organisation ecclésiastique, en la rendant dépendante des fluctuations administratives. Comme le rappellera, quelques années plus tard, le pape Innocent Ier, « l'Eglise de Dieu ne doit pas suivre les changements opères par la politique, et adopter les divisions ou les honneurs que les souverains ont cru devoir établir dans leur intérêt. » Mais la passion fait facilement litière des principes. Anthime trouva des allies. Parmi les évêques suffragants de Césarée, qui résidaient dans la nouvelle province, tous n'étaient pas encore réconcilies avec Basile. Un grand nombre restaient envieux de son élévation, jaloux de sa supériorité, et se plaisaient même à jeter des doutes sur son orthodoxie, pourtant assez glorieusement prouvée. C'est environ un an après le décret impérial scindant la province, et apparemment quand Valens eut quitté Césarée, que se manifestèrent les prétentions d'Anthime. Aussitôt beaucoup des adversaires plus ou moins cachés de Basile jetèrent le masque, et s'attachèrent à l'évêque de Tyane. Ils se considérèrent comme faisant partie de son synode, répondirent à ses convocations, repoussèrent celles de Basile. Comme l'écrit celui-ci, « dès que la partie de la province où ils habitaient reçut un autre nom, ils s'estimèrent d'un autre pays, d'une autre race, et n'eurent plus de rapports avec nous. » A ces dissidents de parti pris se joignirent sans doute des hommes de bonne foi, qui n'avaient pas su voir le vice de la thèse soutenue par Anthime, et aussi la foule de ceux que charme la nouveauté, et qui se tournent d'instinct vers le soleil levant. Avec l'aide de tout ce monde, Anthime se prépara à lui-même sa province ecclésiastique, séduisant les uns, au besoin déplaçant d'autorité les autres.
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