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Saint Basile - Les affaires de la Cappadoce |
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Anthime brigand...
Anthime fit plus encore : il se conduisit en vrai brigand. Le monastère de Saint-Oreste, bâti sur une des pentes du Taurus, devait à l'Eglise de Césarée un tribut en argent et en nature. Basile, voulant, en face des prétentions de ses adversaires, affirmer son droit, résolut d'aller en personne percevoir ces redevances. Grégoire, en fidèle ami, l'accompagna. Comme ils revenaient, ramenant un troupeau, et suivis d'une caravane de mules, ils furent assaillis, dans un défilé de la montagne, par une troupe d'hommes armés, que dirigeait Anthime en personne. « Je ne permettrai pas de payer tribut aux hérétiques, » s'écriait celui-ci, joignant à la violence l'injure la plus cruelle et la plus imméritée, et cachant sa cupidité sous le faux prétexte de l'intérêt des âmes et d'un zèle jaloux pour l'orthodoxie. Il fallut employer la force pour se frayer un passage : des hommes aussi pacifiques que Basile et Grégoire furent obligés de prendre part au combat. Il semble qu'une partie des mules resta aux mains des assaillants. On s'étonnera peut-être de l'ardeur mise par Basile, ce pauvre volontaire, qui ne possédait en propre que ses habits et ses livres, à défendre des biens temporels. Il faut se souvenir qu'il ne pouvait en conscience y renoncer, puisque ces biens n'étaient dans ses mains qu'un dépôt. Et l'on ne doit pas oublier qu'à cette époque, où il n'y avait pas de budget des cultes, les Églises, avec leur personnel considérable de prêtres, de clercs, de veuves, de vierges, d'orphelins et de pauvres, ne pouvaient subsister que du revenu de leurs immeubles. Nous verrons bientôt l'immensité des fondations charitables entreprises par Basile : à elles seules elles suffiraient à le justifier de s'être montré le gardien scrupuleux du patrimoine ecclésiastique.
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