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Le zèle du berger
Saint Basile n'avait pas de peine à maintenir autour de lui, par l'autorité et par l'exemple, les mœurs édifiantes de son clergé. Sur les prêtres, diacres ou clercs établis hors de Césarée, dans les villes ou les campagnes de sa juridiction, il exerçait une exacte surveillance. On le voit jusqu'à la fin de sa vie, malgré la faiblesse de sa santé, visiter les paroisses de son diocèse, même celles qui étaient situées dans les montagnes. Son attention à retrancher tout scandale est extrême : un prêtre de la campagne, âgé de soixante-dix ans, ayant cru pouvoir, malgré les canons de Nicée, garder une femme dans sa maison, Basile l'oblige à la renvoyer, non qu'il craigne de ce vieillard un manquement à la vertu, mais parce que la discipline doit être observée, et qu'il n'est pas permis, par un mauvais exemple, de donner à d'autres occasion de pécher. Si Basile poursuivait ainsi jusqu'à l'apparence du mal, il obligeait ceux qui dépendaient de lui à faire de même, et travaillait à leur communiquer son énergie. Les rapts étaient fréquents en Cappadoce. Basile apprend qu'une jeune fille de la campagne a été enlevée, que le ravisseur a eu des complices, que la victime a trouvé asile dans un village voisin, et que les habitants se sont même armés pour empêcher qu'on la reprenne. Il rend responsable de ce fait le prêtre de la paroisse où elle demeurait, et lui reproche dans les termes les plus sévères sa mollesse, « son absence d'indignation. » Il devra réparer sa faute en ramenant, coûte que coûte, la fille à ses parents. Quant au ravisseur, à ses complices, et à toute leur famille, ils seront excommuniés, et le village où la jeune fille a été recueillie sera mis en interdit.
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