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Saint Basile - Les amitiés et les épreuves Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Saint Basile - Les amitiés et les épreuves
L'amitié de Basile
Echanges avec Eusèbe
Amphiloque
échanges entre évêques
Echanges avec Ephrem
Eusthate et Théodote
Les calomnies de Théodote
la patience de Basile
Saint Basile eut d'illustres amis. On sait de quelle affection l'entoura Grégoire de Nazianze. Si quelques nuages passèrent parfois sur leur amitié, celle-ci reparaissait bientôt plus radieuse et plus vive : après la mort de Basile, Grégoire se constituera le gardien de sa mémoire, le panégyriste de ses vertus.

Pour nous qui les étudions de loin, la liaison des deux anciens condisciples met en relief non seulement la conformité de leurs pensées, mais plus encore peut-être la différence de leurs natures. Il semble que, malgré les heurts passagers causés par elle, cette différence même les attirait. Un autre, parmi les plus chers amis de Basile, paraît au contraire avoir été porté vers lui par la ressemblance de leur caractère et de leur destinée. C'est un personnage célèbre dans l'histoire ecclésiastique du IVe siècle, Eusèbe, évêque de Samosate dans la Commagène.
Plus âgé que Basile, Eusèbe était déjà évêque quand celui-ci habitait encore le couvent d'Annesi. Il était passé, dans la première phase de la persécution arienne, par les épreuves que Basile traversa à son tour dans la seconde. Et, vis-à-vis de Constance, il s'était montré l'homme de fer que sera Basile vis-à-vis de Valens.
Lorsque Constance, pour plaire aux ariens, voulut le contraindre à livrer le procès-verbal de la consécration de Mélèce comme évêque d'Antioche : « Je n'y consentirai, dit-il, que sur l'ordre de l'assemblée d'évêques qui me l'a remis en dépôt; » et comme le mandataire de l'empereur le menaçait de lui faire couper une main s'il persistait dans son refus : « Je perdrais les deux mains, répondit Eusèbe, plutôt que de rendre un document qui contient une démonstration manifeste de l'impiété des ariens. » C'est probablement dans un voyage entrepris en Phénicie et en Palestine pour encourager les orthodoxes, qu'il fit la connaissance de Basile. La liaison se forma vite, si les lettres 27 et 31 de celui-ci sont antérieures à son épiscopat, comme l'ont pensé les éditeurs bénédictins. Elles témoignent de la confiance de Basile dans les prières d'Eusèbe, auxquelles il attribue la guérison d'une grave maladie. On se souvient des efforts d'Eusèbe pour triompher des opposants à l'élection épiscopale de Basile. Lors du voyage qu'il fit dans ce but à Césarée, on vit, dit saint Grégoire de Nazianze, « la vieillesse se ranimer, les maladies cesser, les grabataires sauter du lit, les infirmes redevenir forts : » qu'il faille entendre à la lettre ces paroles, ou les prendre pour des métaphores, il n'en reste pas moins que, soit dans l'ordre physique, soit dans l'ordre moral, le passage d'Eusèbe à travers la capitale de la Cappadoce opéra des merveilles. Dans tout le cours de son épiscopat, Basile ne laisse passer aucune occasion de consulter Eusèbe, de l'inviter, d'aller le voir. Il lui donne rendez-vous en Arménie, le supplie de venir à Césarée, va le trouver à Samosate.
A ses tentatives pour appeler les Églises d'Occident au secours de celles d'Orient, il associe Eusèbe : ensemble ils signent les lettres écrites dans ce but. Quand Eusèbe, en 374, fut envoyé en exil, dans des circonstances qui le montrent jouissant à Samosate d'une popularité égale à celle qui entourait Basile à Césarée, celui-ci et aussi Grégoire de Nazianze ne cessent de correspondre avec l'exilé, et de le tenir en communication avec ses diocésains : une des épîtres les plus pathétiques de Basile est pour les exhorter à demeurer fidèles au pasteur légitime.



 
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