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Saint Basile - Les amitiés et les épreuves |
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Page 3 sur 9 Echanges avec Eusèbe
Il faut lire les lettres adressées par lui à Eusèbe, en diverses époques de sa vie, pour se rendre compte de leur affection réciproque, et aussi de la nuance particulière de respect qu'y mêle Basile. Il le considère comme un directeur de conscience, l'appui de sa faiblesse, la lumière de ses doutes. Ce grand homme, à qui la supériorité est si naturelle, et qui parle à tous avec une autorité presque involontaire, se fait petit devant Eusèbe. Une lettre d'Eusèbe est pour lui « ce qu'est au navigateur battu par la tempête la vue du phare annonçant la terre prochaine. » Si Eusèbe peut venir à Césarée, Basile « ne se croira pas complètement exclu des dons de Dieu. » Basile a été malade : « Je n'ai jamais tant souffert de mes maux, écrit-il, qu'en songeant qu'ils m'ont empêché d'aller jouir de ta présence et de tes entretiens. De quelle joie j'ai été privé, je le sais par expérience, bien que je n'aie pu, l'année dernière, que goûter du bout du doigt le miel très doux de votre Eglise.... Mais j'avais, cette fois, de puissants motifs de te désirer : j'avais beaucoup à apprendre de toi. On peut trouver un parfait ami; mais on ne rencontrera personne capable de conseiller avec l'admirable prudence et l'expérience consommée que tu as acquises au service de l'Eglise. » « Que la puissante main de Dieu, écrit-il encore, te conserve entre tous les hommes, généreux gardien de la foi, vigilant défenseur des Églises! puisse Dieu me juger digne de jouir de ta présence, et de m'entretenir avec toi avant de mourir, pour le bien de mon âme ! » La dernière lettre, peut-être, qu'ait écrite Basile est adressée à Eusèbe. Malade, exténué, se sentant près de sa fin, le saint évêque de Césarée se réjouit à la pensée de la prochaine rentrée de son ami à Samosate. « Plaise, si je dois vivre encore, au Dieu tout-puissant de m'accorder ce spectacle si désirable, ou sinon à moi, au moins à tant d'autres qui souhaitent ton retour dans l'intérêt de leur salut ! Car je me persuade que le moment viendra où le Dieu de miséricorde, se laissant toucher par les larmes que versent pour toi toutes les Eglises, te rendra sain et sauf à ceux qui le prient nuit et jour. » Gratien venait en effet de remplacer Valens, et de rétablir la liberté religieuse. Basile verra seulement l'aurore de ce jour réparateur. Eusèbe lui survivra de quelques mois, pour tomber presque martyr, frappé par une arienne fanatique. Ses fidèles avaient été si profondément pénétrés par lui de l'esprit évangélique, qu'ils demandèrent aux magistrats grâce pour ses meurtriers.
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