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Saint Basile - Les amitiés et les épreuves Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Saint Basile - Les amitiés et les épreuves
L'amitié de Basile
Echanges avec Eusèbe
Amphiloque
échanges entre évêques
Echanges avec Ephrem
Eusthate et Théodote
Les calomnies de Théodote
la patience de Basile

Amphiloque

Entre tous les amis de Basile, un des plus attachants est l'évêque d'Iconium, Amphiloque. Ici, les relations ne sont plus les mêmes qu'avec Eusèbe. Basile est de beaucoup l'aîné d'Amphiloque, et c'est en disciple qu'il le traite. Mais on voit tout de suite que le disciple est digne du maître par « l'ardeur et la sincérité du zèle, la gravité et la discrétion des mœurs, » et l'on ne s'étonne pas que Basile ait dédié « à cette tête chérie, précieuse entre toutes, frère Amphiloque, » son Traité du Saint-Esprit.
Cousin germain de saint Grégoire de Nazianze, Amphiloque appartenait, comme celui-ci et Basile, à l'une de ces vieilles familles cappadociennes qui semblaient héréditairement vouées au barreau et même, selon le mot de Grégoire, « aux Grâces et aux Muses, » c'est-à-dire aux belles-lettres. Son père était un avocat de Diocésarée. Amphiloque choisit pour son éloquence un plus grand théâtre. Il s'établit à Constantinople. Mais là, jeune et inexpérimenté, il eut le tort de mettre sa confiance dans un aventurier, et de se laisser compromettre dans une fâcheuse affaire d'argent. Grégoire de Nazianze dut employer pour l'en tirer tout le crédit qu'il avait près de quelques puissants personnages, — entre autres le célèbre sophiste païen Themistius, — auxquels il représenta que son parent avait péché par légèreté, sans que la probité ou l'honneur fussent en cause. Découragé par cet incident, Amphiloque revint en Cappadoce. Il s'y retira dans sa terre d'Ozizala, soignant son père qui touchait à la vieillesse, et passant le temps en méditations religieuses. On a quelques lettres spirituelles et gaies, que Grégoire lui écrivit à cette époque. Basile, qui connaissait le jeune reclus, et avait deviné sa valeur, encore mûrie par l'épreuve, conçut le dessein de l'attirer tout à fait à Dieu. Bientôt une lettre arriva à Ozizala, écrite en apparence par un ami d'Amphiloque, nommé Héraclide, mais en réalité dictée par Basile. Cet Héraclide était aussi un transfuge du barreau, qui faisait à ce moment une retraite près de l'évêque de Césarée, dans le bâtiment de l'hôpital affecte aux hôtes. « Nous autres, lui fit-on écrire, longtemps habitués au forum, nous ne savons ni nous contenter de peu de paroles, ni nous défendre contre les vaines pensées. Nous nous laissons entraîner par l'orgueil, et nous ne renonçons point aisément à avoir grande opinion de nous-mêmes. Contre ces tendances, il nous faut un maître puissant et expérimenté. » Il continue en vantant les leçons de l'évêque, et en les ramenant toutes à ceci : renoncer aux avantages, aux richesses, aux vanités du monde. Mais les leçons ne suffisent pas : pour apprendre à vivre en chrétien, il faut l'exemple de tous les jours. C'est là ce qu'il engage Amphiloque à venir chercher à Césarée. Que celui-ci demande congé à son vieux père, et qu'il se hâte vers l'hôpital : là, il trouvera l'évêque, la vie commune, un continuel entretien. « Nous aurons toujours des rochers et des cavernes où nous retirer; mais nous ne trouverons pas toujours, à notre portée, le secours d'un homme. » Il y aurait faute a n'en pas profiter.
Amphiloque ne résista pas à une invitation aussi ingénieuse et aussi persuasive. Ses progrès près de Basile furent rapides. Il paraît cependant avoir essayé de se soustraire, lui aussi, au fardeau du sacerdoce, et avoir, pendant quelque temps, pris la fuite. Mais « les filets de la grâce le ramenèrent. » Son père cependant souffrait de son absence. Il se plaignit à Grégoire, lui attribuant une part de responsabilité dans ce qu'il appelait l'abandon d'Amphiloque. Grégoire, à ce moment en deuil du vieil évêque de Nazianze, n'eut pas de peine à montrer qu'il n'était pour rien dans la résolution de son jeune parent : par une lettre un peu obscure, mais où semble percer quelque amertume, il rejette tout sur un ami commun, dont lui aussi, dit-il, souffrit naguère semblable violence. Cela paraît bien désigner Basile, si ferme à saisir et à garder ceux qu'il avait une fois jugés capables de servir l'Église. Quelques mois plus tard mourut l'évêque d'Iconium, en Pisidie. Ses diocésains, ne trouvant parmi eux personne qu'ils jugeassent capables de les gouverner, se tournèrent vers Basile, comme tant d'autres l'avaient fait déjà, pour lui demander un pasteur. Basile, qui, loin de chercher à dominer, éprouvait du scrupule à se mêler ainsi « d'ordinations étrangères, » prit conseil d'Eusèbe de Samosate. On n'a pas la réponse de celui-ci, — pas plus qu'aucune de ses lettres, qui eussent été si intéressantes pour l'histoire de ce temps, — mais il est probable qu'il encouragea son ami à rendre le service attendu par les gens d'Iconium. Basile désigna alors Amphiloque.



 
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