Le nouvel annuaire des sites Catholiques est en ligne. Vous pourrez profiter au mieux de la nouvelle présentation, des nouvelles possibilités de vote, et de la fonction "wrapper" qui permet par un simple passage du pointeur sur les liens d'en afficher les détails.
Les compagnons de la grande épreuve sont bien les martyrs, mais aussi les baptisés. Nous sommes, comme on le chante dans le Salve Regina, dans la « valum lacrimosae », la vallée de larmes. Le chrétien, le baptisé, n'échappe pas à la souffrance terrestre, à la « condition d'Adam et d'Eve ». Le baptême nous purifie du péché originel, et la conséquence du péché originel, la souffrance, la fatigue, les douleurs, nous purifie de l'orgueil si nous mettons notre foi dans le Christ.
Si la souffrance physique, morale ou spirituelle sont vécu avec le Christ qui ouvre la voie du bonheur éternel en prenant ce même chemin de la souffrance, alors nous pouvons chanter l'hymne pascale « Protégés au soir de la Pâque contre l'ange exterminateur, nous avons été arrachés au dur pouvoir du Pharaon. » Avec le Christ, notre berger, nous sommes rachetés et, comme le clame toujours cette hymne « les biens de la vie sont rendus ».
Les disciples, dans la première lecture, n'échappent pas à ces souffrances : Souffrances physiques d'abord, de ces pèlerinages et de ces longs discours pour annoncer la Vérité sans perdre de temps, à la suite du Christ. Souffrance physique des coups de fouets. Souffrances morales d'être injustement trainés devant les tribunaux, d'avoir affaire aux « faux témoins qui soufflent la violence » comme le dit un psaume, ou devant la vindicte des juifs irréductibles et irascibles. Souffrances spirituelles du refus de certains hommes d'accueillir une vérité qui proclame enfin la promesse d'une Alliance éternelle et d'un bonheur sans mesure. Cette souffrance du refus de l'Amour et d'une conversion en profondeur est la plus désemparante et donc la plus pénible.
Le baptisé, et à fortiori les prêtres traversent ces mêmes souffrances. Face à ces souffrances, les Apôtres secouent la poussière de leurs pieds certes, mais l'Ecriture ajoute « tandis que les disciples étaient pleins de joie dans l'Esprit Saint ». Ainsi s'accomplit la parole « mon fardeau sera léger » et « venez à moi vous tous qui avez faim ». Lorsque le baptisé a faim de l'humanité comme le Christ en avait soif à la croix, et que cette humanité refuse de boire à la source de Celui qui a soif d'elle, alors, en se réfugiant dans la prière et dans les Sacrements, il reprend assurance. Comme Saint Jean, il reprend conscience du mouvement eschatologique de l'Univers tout entier, et il ne perd pas courage. L'Esprit Saint lui procure la paix, car l'homme qui pleure son péché et celui du monde sait qu'il sera consolé par Celui-là même qui a pleuré avant lui et pour lui aussi. Oui, Il a pleuré avant nous celui qui est la source d'un si grand bonheur.
Dans le Christ, la souffrance n'est pas stérile, elle sert à l'avancée eschatologique. L'Apocalypse montre que plus le royaume de Dieu est proche, plus la souffrance est présente. Plus la sainteté augmente dans un homme, plus il est sujet à la souffrance. Cependant, Dieu n'est pas à l'origine de la souffrance, et il n'est donc pas possible qu'Il soit la cause de celle-ci. Mais Il l'accepte et la reçoit dans la joie à la croix. Car Sa souffrance, c'est de ressentir notre propre souffrance, notre propre condition de pécheur. Sa souffrance, c'est de savoir la souffrance que le mal occasionne dans le coeur de l'homme. Dieu est heureux de prendre la souffrance de l'homme qui la lui offre, car Il peut partager cette souffrance avec lui comme une mère avec son enfant. Il peut, à travers l'épreuve, préserver l'amour de l'orgueil à l'image de Job. Sa source de grâce pascale est amour. Ayant la connaissance du bien et du mal depuis la nuit des temps, depuis la faute du premier homme et de la première femme, l'homme qui pleure désormais le mal du monde et son propre mal, s'identifie au Christ et prend vie dans le Christ. Il est parfaitement à l'image de Dieu et utilise cette faute originelle et toutes ces conséquences afin de partager la vie divine. L'homme communie aux souffrances du Christ comme Dieu a communié aux souffrances de l'homme car les unes et les autres sont liées par l'amour qui purifie et élève. Dieu renverse la puissance du mal et rend le mal impuissant à s'approprier l'homme qui tend vers Lui. La mort, désormais, donne la vie. Le mal autorise la miséricorde. La souffrance permet l'offrande et la dilatation de l'amour et non plus le plongeon dans la révolte et l'orgueil. L'heureuse faute nous vaut un tel Rédempteur et une telle Ascension. Le combat nous mène désormais toujours à la victoire et non plus à la constante défaite. Dieu renverse l'orgueil. L'homme, impuissant à faire le bien, est glorifié par Dieu qui le fait en son coeur par sa grâce. L'homme glorifié par Dieu, lui rend gloire et ne s'attache plus qu'à Lui dans une vivante espérance. A la manière des Apôtres, plus rien ne fait peur et plus rien ne provoque un mal de désespérance à celui qui croit. L'Amour rassemble ce qui est dispersé. Et nous pouvons clamer cet avant dernier couplet de l'hymne pascale : « Demeure, ô Jésus pour les âmes, la joie pascale à tout jamais. A la grâce nous renaissons, dans ton triomphe, entraîne-nous. Amen, Alléluia. Recommandez (28) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 367
Une question ?
Posez vos questions ici.
Les messages qui enfreignent la loi seront supprimés.
Vous pouvez renouveler le code de sécurité (anti robots spammeurs) en appliquant un rafraîchissement à votre navigateur.
Appliquer cette méthode de rafraîchissement si vous avez entré un mauvais code de sécurité.