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Annuaire Reflexion spirituelle Ermite ?

Ermite, pourquoi ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Ermite, pourquoi ?
Pour le service du monde
Pour le service de l'Eglise


* Pour le service du monde


« C'est une chose terrible d'être né, c'est-à-dire de se trouver irrévocablement emporté, sans l'avoir voulu, dans un torrent d'énergie formidable qui parait vouloir détruire tout ce qu'il entraine en lui.

    Je veux, mon Dieu, par un renversement de forces dont vous pouvez seul être l'auteur, l'effroi qui me saisit devant les altérations sans nom qui s'apprêtent à renouveler mon être se mue en une joie débordante d'être transformé en Vous.

    Nous sommes, par nous-mêmes, le Sombre et le Vide. Vous êtes, mon Dieu, le fond même et la stabilité du Milieu éternel, sans durée ni espace, en qui, graduellement, notre Univers émerge et s'achève, en perdant les limites par où il nous parait si grand. Tout est être, il n'y a que de l'être partout, hors de la fragmentation des créatures, et de l'opposition de leurs atomes.

    Verbe étincelant, Puissance ardente, Vous qui pétrissez le Multiple pour lui insuffler votre vie, abaissez, je vous prie, sur nous, vos mains puissantes, vos mains prévenantes, vos mains omniprésentes, ces mains qui ne touchent ni ici, ni là (comme ferait une main humaine), mais qui, mêlées à la profondeur et à l'universalité présente et passée des Choses, nous atteignent simultanément par tout ce qu'il y a de plus vaste et de plus intérieur, en nous et autour de nous.


    J'ai peur, aussi, comme tous mes frères, de l'avenir trop mystérieux et trop nouveau vers lequel me chasse la durée... Et puis je me demande, anxieux avec eux, où va la vie... Puisse cette Communion du pain avec le Christ revêtu des puissances qui dilatent le monde me libérer de ma timidité et de ma nonchalance ! Je me jette, ô mon Dieu, sur votre parole, dans le tourbillon des luttes et des énergies où se développera mon pouvoir de saisir et d'éprouver votre Sainte Présence. Celui qui aimera passionnément Jésus caché dans les forces qui font grandir la Terre, la Terre maternellement, le soulèvera dans ses bras géants, et elle lui fera contempler le visage de Dieu.


    Parce que le Terme vers lequel se meut la terre est au-delà, non seulement de chaque chose individuelle, mais de l'ensemble des choses, - parce que le travail du Monde consiste, non pas à engendrer en lui-même quelque Réalité suprême, mais à se consommer par union dans un Être préexistant, il se trouve que, pour parvenir au centre flamboyant de l'Univers, ce n'est pas assez pour l'Homme de vivre de plus en plus pour soi, ni même de faire passer sa vie dans une cause terrestre, si grande soit-elle. Le Monde ne peut vous rejoindre finalement, Seigneur, que par une sorte d'inversion, de retournement, d'excentration où sombre pour un temps, non seulement la réussite des individus, mais l'apparence même de tout avantage humain. Pour que mon être soit décidément annexé au vôtre, il faut que meure en moi, non seulement la monade, mais le Monde, c'est-à-dire que je passe par la phase déchirante d'une diminution que rien de tangible ne viendra compenser.

Hymne de l'Univers - Teilhard de Chardin – éd. Le Seuil - Passim
L'ermite donc, ne renie rien de ce qui est humain mais le sublime, le spiritualise et le considère comme ce qui est sous l'influence du Christ, Alpha et Oméga de la Création.



 
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