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Saint Basile - Les rapports avec l'Occident Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Saint Basile - Les rapports avec l'Occident
Premiers voyages vers l'Occident
Demande expresse de Basile
Lettre des évêques d'Orient
Insistance de Basile
La cruauté arienne continuera
Lettre de Basile (376-77) aux Occidentaux
Salutations de Basile à Ambroise

Cependant, si touchant qu'il fût, cet échange de sympathies demeurait sans résultat. Basile et ses amis attendaient du pape et des prélats d'Occident une aide plus pratique, tout en ne pouvant peut-être leur en indiquer très clairement les moyens. Il fut décidé qu'en réponse à la lettre des évêques occidentaux une épître collective des principaux prélats orthodoxes de l'Orient serait portée par le diacre Sabinus, afin de bien marquer l'union des esprits sur toutes les questions déjà résolues, et de rappeler celles qui attendaient encore une solution. Mélèce, alors banni pour la troisième fois, fut chargé de la rédiger.
Dans cette lettre, qui porte les signatures de trente-deux évêques, parmi lesquels Eusèbe de Samosate, Basile, Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze, on se plaint doucement de n'avoir pas obtenu encore le secours attendu. Mais les vénérables signataires espèrent que l'intervention des Églises d'Occident deviendra plus active, quand tout y sera mieux connu. Suit un tableau très sombre de l'état religieux de l'Orient. Ce que les évêques réunis demandent maintenant à leurs collègues, ce n'est plus d'envoyer un petit nombre de délégués, mais de venir sans retard, nombreux, en synode, les visiter. « A la valeur personnelle des envoyés se joindront ainsi le poids et l'autorité que donne le nombre, et l'on pourra rétablir la foi définie à Nicée, poursuivre l'hérésie, remettre la paix dans les Églises, amener à la concorde ceux qui, au fond, pensent de même. » Ces derniers mots font allusion au schisme d'Antioche. La lettre y revient plus loin, en termes tout à fait explicites. « Ce qui est le plus digne de pitié, c'est que la partie saine du peuple est divisée contre elle-même. Nous ressemblons aux habitants de Jérusalem, qui, sous Vespasien, étaient à la fois assiégés au dehors et en proie à la sédition au dedans. Nous aussi, nous avons à nous défendre des hérétiques, et nous sommes réduits à une extrême faiblesse par une autre guerre, où les belligérants sont des orthodoxes. » La lettre se termine par une adhésion pleine et entière à la profession de foi contenue dans la lettre synodale des Occidentaux.
Cependant, malgré la bonne volonté réciproque, les affaires n'avançaient pas. L'année 373 paraît s'être passée en négociations, dont l'agent principal est un prêtre latin, Sanctissime. II avait apporté un mémoire ou formulaire, répondant à la lettre collective des Orientaux. Basile se déclare prêt à souscrire cette pièce, que Sanctissime, dont le zèle est infatigable, soumettra à la signature d'autres prélats, et rapportera en Occident. Sur la demande d'Eusèbe de Samosate, Basile écrit encore à Mélèce, pour le prier de composer une nouvelle lettre, destinée à y être jointe. Cette lettre est probablement celle qui a le numéro 242 dans la correspondance de saint Basile. Discrètement, Mélèce se plaint encore du peu de secours reçu. « Nous avons souvent espéré en vous au temps de nos épreuves, frères très vénérés; puis, déçus dans nos espérances, nous avons dit avec le psalmiste : J'ai attendu qui compatirait, et nul n'est venu; qui me consolerait, et je n'ai trouvé personne. » Vient ensuite le tableau, déjà tracé bien des fois, de la désolation des Eglises orientales. « Le comble des maux, le voici : le peuple, abandonnant les maisons de prières, se réunit dans les solitudes. Lamentable spectacle ! Femmes, enfants, vieillards, infirmes, sous la pluie, la neige, lèvent, parmi les glaces de l'hiver ou les feux de l'été, demeurent au dehors, refusant de participer à la communion des ariens. » Ce trait se présente naturellement sous la plume d'un évêque d'Antioche : après le premier exil de Mélèce, ses fidèles s'assemblaient dans des cavernes pour ne pas communiquer avec l'arien Euzoius. Du reste, la lettre est écrite dans les termes les plus généraux : probablement était-elle accompagnée d'un mémoire, entrant dans le détail des questions à traiter.



 
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