Site officiel du Prieuré de Nidauzel
Ressources spirituelles
Richesses locales
Vie artistique

S'identifier

...Pour vous permettre d'accéder à toutes les publications !






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Accueil arrow Annuaire arrow Ecrits arrow Ruysbroeck 

C'est par le silence que l'on essouffle la passion.

 
TOUS |0-9 |A |B |C |D |E |F |G |H |I |J |K |L |M |N |O |P |Q |R |S |T |U |V |W |X |Y |Z

Annuaire Ecrits Ruysbroeck

Le miroir du Salut Eternel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Le miroir du Salut Eternel
Prologue
Doctrine de ce livre
Les commençants (débutants)
Ceux qui progressent
Recevoir le Sacrement
Du Saint Sacrement
Matière et forme du St Sacrement
Christ donné dans le St Sacrement
De l'Amour de Dieu
Du Christ caché
De ceux qui communient
2° catégorie de personnes
3ème catégorie de personnes
4ème catégorie de personnes
5ème catégorie de personnes
6ème cat. de personnes
7ème cat. de personnes
De la vie contemplative
De l'Adoration
De l'état de vide...
Dignité du Fils de Dieu
De la vraie contemplation
De la nature de la vie
De la vie supérieure
De l'essence de la vie sup.
De la super-essence de la vie sup.
Bibliographie et notes

CHAPITRE XI.

D'UNE SECONDE CATÉGORIE DE PERSONNES.
 

     La seconde catégorie est plus élevée que la précédente. Elle se compose d'hommes ayant l'esprit délié et ouvert, mais avec des penchants et des convoitises de nature. Lorsque ceux-ci reçoivent la grâce de Dieu et y demeurent, ils ont plus d'un combat à soutenir, car la chair s'oppose à l'esprit. C'est pourquoi ils s'adonnent à la vie intérieure et aux exercices spirituels sous les yeux de Notre-Seigneur, et de cette façon ils échappent à toutes tentations, émotions et rébellions de la chair et du sang.

     Mais, lorsqu'ils mettent en Dieu leur foi, leur espérance et leur confiance plutôt qu'en leurs propres pratiques et en leurs œuvres, ils sont élevés au-dessus de l'application raisonnable de l'intelligence jusqu'à la lumière divine.

     Demeurent-ils ainsi élevés dans la lumière divine, recherchant et désirant ce qui dépasse la raison et demeure incompréhensible, plutôt que ce qu'ils peuvent découvrir et comprendre par eux-mêmes, leur foi devient alors parfaite et leur amour s'établit sur sa vraie base. Ils deviennent libres et ils connaissent Dieu, la vérité et la racine de toutes les vertus. Cependant, la nature demeure vivante, et la chair et le sang se font sentir, ainsi que les désirs, la lourdeur, la paresse et tous les autres penchants désordonnés d'autrefois. Mais dès que ces hommes les ressentent et en ont conscience, ils repoussent aussitôt et méprisent en eux-mêmes tout ce qui s'oppose à Dieu et à leur esprit, et tout ce qui serait pour eux retard et obstacle dans la poursuite de leur plus grand bien.

     Fuyant ainsi la sensibilité, ils se réfugient intérieurement dans leur esprit, en face de Notre-Seigneur, avec foi et dévotion, et ils prient humblement, comme faisait saint Paul lorsqu'il était tenté dans la chair. C'est là, en effet, que l'esprit de Notre-Seigneur donne réponse à la prière humble, assurant que la grâce de Dieu est assez forte pour vaincre toutes les tentations (64') : car la vertu s'affermit dans l'infirmité chez tous ceux qui luttent et se réfugient par la prière, dans leur esprit, en la présence de Dieu. Ces hommes ressemblent vraiment au centurion de l'Évangile qui croyait déjà dans son esprit, mais cependant était encore païen et incirconcis. Il commandait à cent hommes d'armes qui le servaient et lui obéissaient en tout temps. Mais il avait un serviteur qui gisait sans force dans sa maison et souffrait cruellement de paralysie. Comme il priait le Seigneur de le guérir, celui-ci lui répondit :
«Je viendrai et je le guérirai. » Alors le centurion reprit: « Seigneur, je ne suis pas digne que vous veniez sous mon toit, mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri (65) .» Notre-Seigneur loua la foi de cet homme, et à la même heure son serviteur fut guéri.

     Il en va de même pour les hommes dont nous parlons. Aussi longtemps qu'ils ressentent en eux-mêmes des penchants impurs et sont attirés par le péché, l'amour et l'attrait pour l'humanité de Notre-Seigneur sont chez eux entravés et gênés. En même temps leur serviteur, c'est-à-dire la partie sensible, est en contradiction avec Dieu et avec la partie spirituelle; et l'ennemi tourmente leur sensibilité, car elle ne veut pas suivre l'esprit qui se porte avec amour au service de Notre-Seigneur.

     Tant que dure cette lutte, ils ne peuvent avoir de fervent attrait pour le saint Sacrement; mais ils disent dans l'humilité de leur cœur : « Seigneur, je suis impur; je ne suis pas digne que votre saint corps vienne par le Sacrement sous le toit souillé de mon corps. Seigneur, je suis encore indigne de tout honneur, de tout bien et de toutes les consolations que les hommes vertueux obtiennent de vous. Il me faut donc sans cesse pleurer et gémir, et marcher devant vous avec une foi ferme. Et, bien que je sois pauvre et délaissé, je ne vous quitterai pas, mais je crierai et supplierai sans cesse, jusqu'à ce que ma foi ait obtenu de votre grâce la guérison de mon serviteur. Je vous louerai alors et je vous servirai dans mon âme et dans mon corps, de tout moi-même et de toutes mes forces. »

     C'est ainsi donc qu'agissent les hommes spirituels de cette seconde catégorie, qui plaisent à Dieu plus encore que ceux de la première. Infirmes et sujets aux penchants de nature, privés de consolation et de douceur de la part de Dieu, ils sont néanmoins, dans leur esprit, pleins de foi, de dévotion et d'amour divin. Ils ont à lutter souvent contre le démon, le monde et leur propre chair. Aussi ont-ils besoin dans l'esprit d'un aliment fort qui les rende capables de vaincre toutes choses, et c'est le corps de Notre-Seigneur dans le Sacrement. Ils devront donc le recevoir toutes les fois que leur règle, leur office ou la louable coutume des gens spirituels qui les entourent le leur permettront.
 


 
< Précédent
Copyright 2006 Ass. Nidauzel & Editions Erémitik - Reproduction interdite sans autorisation écrite