|
Le miroir du Salut Eternel |
|
|
|
|
Page 15 sur 28 CHAPITRE XIII.
DE LA QUATRIÈME CATÉGORIE DE PERSONNES.
Il y a ensuite une quatrième catégorie de personnes spirituelles qui doivent aller au Sacrement. Ce sont des hommes doués de bonne volonté, qui, recherchant sincèrement l'honneur de Dieu et leur propre salut, s'efforcent d'observer les prescriptions, les règles et bons usages qu'on leur enseigne ou qu'ils lisent dans les écrits des anciens, tels que ceux-ci les ont établis avant eux par leurs paroles et par leurs œuvres. Ils savent ainsi comment ils doivent se tenir au chœur, au chapitre, au réfectoire, au dortoir et à l'infirmerie; quand ils doivent se taire ou parler, jeûner ou prendre nourriture; quelles observances ils doivent suivre lorsqu'ils sont malades ou en santé, toujours selon la règle et les forces de la nature, avec sage discrétion. En toutes choses ils fuient leur volonté propre, obéissant humblement, pratiquant toujours quelque bien lorsqu'ils sont en santé, doux et patients lorsqu'ils sont malades, luttant enfin t dominant sans cesse la chair et le sang et tout ce qui est du monde.
Telle est la règle commune chez tous ceux qui sont bons, moines ou nonnes. Mais s'ils sont négligents dans leurs actions ou leurs omissions, par leurs inobservances grandes ou petites, en quoi que ce soit enfin que la conscience leur reproche ou leur dénonce comme péché, ils feront bien de s'en confesser et de s'en accuser humblement au prêtre avec contrition de cœur, puis d'en faire pénitence selon ses indications, mettant en Dieu bonne confiance. Ainsi pourront-ils librement aller au Sacrement, se confiant en la grâce de Dieu, toutes les fois que la règle ordinaire ou la bonne coutume les y conduit. Quant aux autres personnes spirituelles qui, en dehors des ordres religieux, sont de bonne vie et obéissent à Dieu, à la sainte Église et à leurs supérieurs, pour ce qui est des jeûnes, de la célébration des fêtes et de toutes les pratiques usitées par les bons chrétiens, autant qu'elles le peuvent et avec discrétion, elles iront aussi au Sacrement, selon l'avis de leur confesseur et les usages du lieu qu'elles habitent.
|