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Le miroir du Salut Eternel |
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Page 20 sur 28 CHAPITRE XVIII.
DE LA VIE QUI S'ANÉANTIT DANS L'AMOUR (86)
C'est en Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme en un miroir pleinement fidèle, que Dieu se montre à qui il veut, c'est-à-dire à ceux qui se renoncent eux-mêmes et obéissent à sa grâce en toutes circonstances, pour agir ou s'abstenir et pour pratiquer toutes les vertus. Par la foi, l'espérance et la charité ils s'élèvent au-dessus de toutes leurs œuvres jusqu'à cette vue nue de l'âme, qui est l'œil simple toujours ouvert, au-dessus de la raison, dans le fond même de notre intelligence. Là se montre la vérité éternelle qui inonde notre vue nue, c'est-à-dire l'œil simple de notre âme, dont l'essence, la vie et l'opération consistent à contempler, à voler, à courir et à dépasser toujours notre être créé, sans regard ni retour en arrière. Bienheureux les yeux qui voient et à qui Dieu montre son royaume et sa gloire, qui est lui-même! Car notre Père céleste vit dans le royaume de notre âme comme en lui-même. Là, au-dessus de notre compréhension, dans le domaine de notre intelligence, il nous donne sa clarté incompréhensible.
Et le Père avec le Fils font couler en nous leur amour insondable, qui dépasse l'activité de la volonté. Notre volonté, notre bonne volonté dans son fond le plus intime, c'est l'étincelle enflammée, l'activité de l'âme : le Père y engendre son Fils, et leur amour mutuel sans limite s'y écoule. Mais l'activité divine, nous ne pouvons la saisir et elle dépasse notre compréhension car toutes nos puissances, avec leurs œuvres, doivent s'effacer et se soumettre à la transformation de Dieu. Là nous sommes sous l'action et l'influence transformantes de l'Esprit de Dieu; là nous sommes fils de Dieu par grâce, non par nature; là nous devenons simples. Car toutes nos puissances faiblissent dans leurs propres œuvres, elles fondent et s'écoulent en face de l'amour éternel de Dieu. Voilà pourquoi on appelle cette vie une vie anéantie dans l'amour.
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