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Le miroir du Salut Eternel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Le miroir du Salut Eternel
Prologue
Doctrine de ce livre
Les commençants (débutants)
Ceux qui progressent
Recevoir le Sacrement
Du Saint Sacrement
Matière et forme du St Sacrement
Christ donné dans le St Sacrement
De l'Amour de Dieu
Du Christ caché
De ceux qui communient
2° catégorie de personnes
3ème catégorie de personnes
4ème catégorie de personnes
5ème catégorie de personnes
6ème cat. de personnes
7ème cat. de personnes
De la vie contemplative
De l'Adoration
De l'état de vide...
Dignité du Fils de Dieu
De la vraie contemplation
De la nature de la vie
De la vie supérieure
De l'essence de la vie sup.
De la super-essence de la vie sup.
Bibliographie et notes

CHAPITRE VI.

DE LA MATIÈRE ET DE LA FORME DU SAINT SACREMENT.
 

     Melchisédech, grand-prêtre du temps d'Abraham, avait offert du pain et du vin, comme vraie figure et aussi comme matière de notre Sacrement. De même le Christ, notre grand-prêtre, prit du pain, en ses mains saintes et vénérables, pour son sacrifice. Puis élevant les yeux vers son tout-puissant Père céleste, il lui rendit grâces, bénit le pain, le rompit et dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps (39) . »

     Ensuite, prenant de même, en ses mains saintes et vénérables, le calice qui contenait du vin, il rendit grâces de nouveau à son Père, bénit le vin et le donna à ses disciples, en disant: « Buvez en tous, c'est le calice de mon sang, pour une nouvelle et éternelle alliance, le mystère de la foi, qui sera versé pour vous et pour un grand nombre, pour la rémission des péchés (40) , »

     Telles sont donc la matière et la forme de notre Sacrement. Le pain et le vin constituent la matière, tandis que la forme se trouve dans les paroles de Notre-Seigneur: Ceci est mon corps, et : Ceci est mon sang. Car en disant : Ceci est mon corps, il changea la substance du pain en la substance de son corps, non pas de telle sorte que le pain fût anéanti, mais que, cessant d'être pain, il devint le corps de Notre-Seigneur (41) . Et ce ne fut pas un corps nouveau, mais celui-là même qui était assis à table, qui mangeait et buvait en compagnie de ses disciples. Ils l'avaient devant eux, présent dans le Sacrement, tout comme ils le voyaient de leurs yeux assis à table, ce dont ils avaient grande joie. Mais de voir des yeux de la foi ce même corps présent dans le Sacrement, c'était là pour eux une joie plus grande encore.

     Nul d'ailleurs d'entre eux tous ne lui demanda: « Maître, comment cela peut-il être? » car ils savaient bien que celui qui a fait le ciel et la terre et toutes choses de rien, peut aussi changer une substance en une autre, quand il le veut. À celui qui en un clin d'œil changea en sang toutes les eaux d'Égypte et la femme de Loth en statue, qui fit jaillir du rocher une eau abondante et opéra tant d'autres grands miracles rapportés dans l'Ancien et le Nouveau-Testament, toutes choses ne sont-elles pas possibles et n'obéissent-elles pas à sa volonté?

     Remarquez maintenant que tout le pain qui était devant le Seigneur lors de la consécration, aussi bien que celui qu'ont devant eux tous les prêtres, en tous les lieux du monde et sur tous les autels, ce n'est qu'une même nature de pain. Au moment de la consécration, par la vertu de l'intention requise et des paroles consécratoires, toutes les hosties ne sont plus qu'une seule substance simple du corps de Notre-Seigneur dans le Sacrement et tout ce qui auparavant était du pain devient le corps de Notre-Seigneur. Et bien que les hosties soient dispersées à toutes les extrémités de la terre, le Sacrement est un, et le corps vivant de Notre-Seigneur demeure dans son unité indivisible, en tout le Sacrement.

     Vous devez croire de même que le vin changé au sang de Notre-Seigneur, à la consécration, est tout entier dans tous les calices et dans chacun d'eux, et qu'il ne se trouve pas plus abondamment en tous qu'en un seul, car on ne le peut ni diviser, ni diminuer, ni augmenter. Et quoique la consécration du corps de Notre-Seigneur et celle de son sang soient divisées et distinctes, selon la matière et selon la forme des paroles, selon la figure et aussi selon le sens, et que le Sacrement soit double, il s'unifie pourtant en une seule réalité et ne contient qu'un seul Christ (42) . Car dans l'hostie le corps vivant de Notre-Seigneur ne peut pas être séparé de son propre sang, ni son sang dans le calice être séparé de son corps avec lequel il vit. Ainsi le Christ se trouve indivisé et en entier dans chaque partie du Sacrement.

La matière nécessaire de ce Sacrement est le pain de froment non fermenté et le vin mêlé d'un peu d'eau, et c'est un symbole de l'innocence du Christ, de sa douceur et de son humilité au milieu des hommes. Il a été le précieux grain de froment qui est mort et qui, jeté en terre, nous a donné beaucoup de fruit, c'est-à-dire notre vie à tous dans la foi chrétienne.

     De même, il est la vraie vigne plantée par le Père dans le jardin de la sainte Église : de ses plaies coulent pour nous le baume et le vin. Le parfum exquis et la saveur délicieuse qui s'en échappent enivrent les amants de Dieu.
 


 
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