Site officiel du Prieuré de Nidauzel
Ressources spirituelles
Richesses locales
Vie artistique

S'identifier

...Pour vous permettre d'accéder à toutes les publications !






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Accueil arrow Annuaire arrow Ecrits arrow Ruysbroeck 

Ce n'est pas pour le silence que vit l'homme de prière mais... C'est par le silence que la Vie le saisit.

 
TOUS |0-9 |A |B |C |D |E |F |G |H |I |J |K |L |M |N |O |P |Q |R |S |T |U |V |W |X |Y |Z

Annuaire Ecrits Ruysbroeck

Le livre des sept clôtures Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Le livre des sept clôtures
Prologue
Du Christ serviteur
Principe de bonne vie
De la Messe
4 modes de l'exercice intime
Obéissance et humilité
Comportement des malades
Conduite envers le prochain
De la gourmandise...
Du parloir
De la première clôture
De la 2° clôture
De la 3ème clôture
De la 4ème clôture
De la 5ème clôture
De la 6ème clôture
De la 7ème clôture
3 vies de l'homme juste
4 manières de vie spirituelle
Pratique de ces 4 manières
De l'habit (religieux)
3 livres du soir
Bibliographie et notes
     Le codex D a servi de base à l'édition des Sept clôtures comme à celle du Miroir du salut éternel, mais David a pu collationner trois autres manuscrits G, F et K . Nous connaissons déjà le premier et il présente un intérêt spécial pour notre traité, à cause de la note qui se trouve en tête : Ci-commence le livre du Saint Sacrement ou des Sept clôtures, que frère Jean Ruysbroeck a composé, alors qu'il était déjà moine, pour une sainte nonne, Dame Marguerite van Meerbeke, chantre du monastère de Sainte-Claire à Bruxelles (1) .» Nous verrons que le texte même semble confirmer cette indication.
     Le codex F, de la Bibliothèque royale de Belgique, appartient à la seconde moitié du XVe siècle. Il semble être apparenté au codex A , au moins pour ce qui touche aux quelques indications de dates qu'il renferme. On pourrait signaler encore deux autres manuscrits où se trouve le livre des Sept clôtures. L'un, Hh, est conservé à Londres au British Museum et porte la date de 1497, mais il n'est que la copie d'un manuscrit, aujourd'hui perdu, qui avait été composé en 1363. L'autre, w, écrit entre 1360 et 1385, appartient à la Bibliothèque Mazarine de Paris, où il porte la cote 920. C'est un des plus précieux que l'on connaisse, et il est regrettable que David ne l'ait pas eu entre les mains.

     Dans le livre des Sept clôtures, Ruysbroeck suit l'ordre des occupations diverses qui remplissent la journée d'une religieuse. Puis, prenant occasion des devoirs qui lui incombent, il lui enseigne la manière de s'en acquitter saintement et il l'entraîne vers les plus hauts sommets de la vie spirituelle. Le modèle qui est tout d'abord proposé, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ, venu pour servir et non pour être servi. L'humilité et l'abnégation de soi sont, par conséquent, à la base d'une vie qui se dévoue à imiter son exemple.

     La journée commence par l'assistance à la messe, et l'auteur donne ici de précieux enseignements sur la manière dont on doit prendre part au sacrifice et les dispositions qu'il convient d'apporter pour recevoir avec fruit le Corps du Seigneur. Il indique un triple procédé par lequel on témoigne qu'on aime de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit. Mais, au-dessus de cela, il enseigne un mode d'aimer qui vient de Dieu seul et qui peut être considéré comme « la substance et la racine de toute vraie sainteté ». Cet amour qui ne peut demeurer inactif s'exerce sous quatre formes, dont les noms sont empruntés à un passage de saint Paul souhaitant aux Éphésiens « de comprendre, avec tous les saints, ce que c'est que largeur, longueur, hauteur et profondeur (2)  » La première forme de l'amour correspond à la hauteur : c'est l'exercice de la charité qui élève jusqu'à Dieu. La seconde est profondeur d'humilité. La troisième répond à la largeur et consiste dans une charité qui embrasse le ciel et la terre. La quatrième forme, enfin, c'est la longueur ou longanimité, qui fait attendre avec patience l'éternité. Après s'être laissé entraîner ainsi dans une longue parenthèse, le maître spirituel revient à son sujet et, prenant la religieuse au sortir de la messe, il la suit dans les diverses occupations de sa journée. Le service des malades devait y tenir une large place, car il y a toute une série de recommandations à ce propos. La religieuse apprend aussi comment elle doit se comporter elle-même dans la maladie et, d'une façon générale, dans ses rapports avec le prochain en toutes circonstances. Puis ce sont les repas et les règles de sobriété et de discrétion qu'il y faut tenir. Ruysbroeck en profite pour dénoncer les abus trop fréquents de son temps dans les monastères relâchés, où abbés et abbesses menaient une vie sans austérité, tandis que moines et moniales étaient à la portion congrue.

     Le chapitre du parloir amène un long développement, qui a valu au traité son titre de Sept clôtures . Une religieuse, en effet, qui aime son cloître doit n'aller au parloir qu'à contre-cœur et, à l'exemple de sainte Claire, se créer toute une série de clôtures qui la séparent du monde. Ces Sept clôtures, dont parle l'auteur, sont comme des murs de séparation qui isolent graduellement la partie la plus spirituelle de l'âme de tout ce qui est extérieur et l'enferment dans l'unique attention à Dieu.

     La première de ces clôtures est matérielle et elle sépare effectivement du monde. Les autres sont intérieures et spirituelles, et enferment successivement la sensibilité, le cœur, la volonté, l'intelligence jusqu'à ce que, dans une sixième clôture, il y ait comme une réédition et une création nouvelle de l'âme à l'image et à la ressemblance de Dieu. Enfin, au centre le plus retiré d'elle-même, l'âme fait connaissance avec la septième clôture, qui est dite « de simple béatitude » et où l'Esprit de Dieu agit beaucoup plus que l'esprit de l'homme.

     Ceci se passe dans une région supérieure et divine où la vie spirituelle s'exerce selon quatre manières, dont Ruysbroeck trouve le symbole dans les quatre animaux mystérieux du prophète Ézéchiel. Puis lorsque les procédés humains demeurent impuissants, le procédé divin les remplace, et c'est alors une action intime des trois divines personnes sur l'âme, qu'elles purifient et transforment dans toutes ses puissances. Enfin au-dessus de tous procédés, soit humains soit divins, il y a la simple béatitude sans modes, qui constitue l'essence de la septième clôture.

     L'auteur revient ensuite à quelques détails pratiques concernant l'habit religieux et la pauvreté qu'il y faut garder. Puis, arrivant au terme de la journée, il parle de l'examen de conscience, qui doit se faire en trois manières, figurées par trois livres que l'on doit lire avant de se coucher. Le traité s'achève sur l'invitation à la vigilance, qui caractérise la vierge sage.



 
< Précédent   Suivant >
Copyright 2006 Ass. Nidauzel & Editions Erémitik - Reproduction interdite sans autorisation écrite