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Le livre des sept clôtures |
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Page 20 sur 24 CHAPITRE XVIII.
DE QUATRE MANIÈRES DE VIE SPIRITUELLE (24) .
L'enseignement nous en est donné par le prophète Ézéchiel lorsqu'il dit des quatre animaux mystérieux : « Ils allaient et revenaient comme un éclair brillant (25) .» Car ce symbole des quatre animaux qui allaient et qui revenaient représente quatre manières de vie spirituelle, où se pratiquent tout amour et toutes vertus.
La première manière est la force spirituelle qui immole et terrasse tout ce qui est ennemi de Dieu et des vertus. C'est pourquoi elle est figurée par le lion, le roi des bêtes sauvages.
La deuxième consiste à avoir le cœur largement ouvert, afin de rendre sans cesse honneur à Dieu. L'âme et le corps, le cœur et les sens avec tout ce qui est vaincu et immolé par la force spirituelle, sont ici offerts à Dieu et entièrement consumés avec dévotion et révérence. Aussi cette deuxième manière est-elle figurée par le bœuf ou le taureau que, selon la loi juive, on offrait en holocauste à la louange de Dieu.
La troisième manière est une sage discrétion, qui ordonne toutes choses avec discernement, devant la vérité éternelle, soit qu'il faille agir ou s'abstenir, donner ou prendre, extérieurement ou intérieurement. Elle a pour symbole la figure d'un homme, qui est un animal raisonnable.
La quatrième manière est faite d'intention droite et d'amour envers Dieu. Elle est figurée par l'aigle, qui a peu de chair et beaucoup de plumes. Car, de même, celui qui aime Dieu et le poursuit estime pour peu de chose la chair et le sang, et tout ce qui est périssable. Mais il a, lui aussi, beaucoup de plumes : ce sont les pratiques célestes qui, toutes légères, élèvent jusqu'à Dieu. De même encore que l'aigle vole au-dessus de tous les oiseaux, de même l'intention droite et l'amour planent au-dessus de toutes les vertus et vont jusqu'à celui qui est recherché et aimé. Enfin, l'aigle possède une vue perçante et subtile qui lui permet de fixer la clarté même du soleil sans se détourner. De même celui qui poursuit Dieu et qui l'aime fixe les rayons du soleil éternel sans reculer jamais ; car il aime Dieu et aussi toutes les vertus qui ornent l'âme et peuvent conduire jusqu'à Dieu. Aussi est-il bien orienté et s'envole-t-il tout droit au milieu de son amour, pour redescendre sans cesse vers la pratique des vertus et des bonnes œuvres. Et de cette façon il va et revient comme l'éclair du ciel : car aller et revenir, c'est sa vie et sa nourriture. Ainsi fait l'aigle, lorsque, du plus haut de son vol, apercevant dans la mer les petits poissons qui font sa nourriture, il s'élève pour redescendre, pratiquant l'un et l'autre afin de se nourrir et de se repaître.
Tel est le symbole des quatre animaux avec les quatre manières de vie spirituelle où Dieu règne et où toutes les vertus sont pratiquées.
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