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Le livre des sept clôtures |
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Page 9 sur 24 CHAPITRE VII.
DE LA CONDUITE ENVERS LE PROCHAIN.
Puis quand vous vous lèverez et serez guérie, retournez humblement à votre service, sans faire de choix ; allez où l'on vous place, que ce soit au lavoir, auprès des malades ou à la cuisine. Choisissez toujours le labeur le plus bas, et si on vous le donne, réjouissez-vous-en et prenez-le volontiers. Si l'on vous fait monter, regrettez-le et n'acceptez qu'à contre-cœur de la sorte, vous croîtrez en vertus.
Soyez simple, prudente et fidèle dans votre service. Ne commettez ni mensonges, ni imprécations, ni calomnies, car ceux qui le font volontairement et avec advertance condamnent eux-mêmes leur âme. Soyez pacifique et aimable pour vos sœurs, non pas obstinée, mais facile à vous entendre avec elles pour tout ce qui est bien. N'ayez d'injures ni de mépris pour personne ; gardez-vous de causer de la tristesse et de la peine à quiconque ; veillez enfin à ne confondre ni dédaigner, à ne juger ni calomnier qui que ce soit. Aimez tout le monde pour Dieu ; n'enviez ni ne trompez personne, en paroles ou en actions. N'ayez ni rancune ni désirs de vengeance ; soyez douce et bonne, ne vous querellant pour aucune cause, au contraire toujours prête à céder. Il vaut bien mieux, en effet, se maintenir dans la vertu que de céder à l'orgueil, à la discorde et à la volonté propre.
Gardez-vous bien de toute feinte qui vous donnerait apparence de sainteté ; soyez, au contraire, toujours vraie dans vos paroles et dans vos actions, détestant tout ce qui est vicieux en vous et demeurant attentive à vous corriger autant que possible. Veillez aussi à instruire ceux avec qui vous vivez par vos paroles et plus encore par vos bonnes œuvres. S'il arrive que quelqu'un agisse ou parle mal contre vous, pardonnez-le-lui aussitôt dans votre cœur, alors même qu'il ne désire ni ne demande son pardon, et montrez-lui si bon et si joyeux visage qu'il en ait à rougir devant Dieu et devant vous et soit apaisé dans son cœur. Vous arrive-t-il de causer du tort à quelqu'un ou d'en dire du mal, priez-le aussitôt de vous le pardonner, et tombez à ses pieds, si vous pouvez ainsi l'adoucir et gagner son amitié. Soyez enfin toujours gracieuse, joyeuse et complaisante pour ceux avec qui vous vivez, fuyant les singularités et demeurant comme tout le monde, prête à faire ce que l'on vous demande.
Ce sont toutes ces choses que vous venez d'entendre que Dieu désire de vous.
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