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C'est dans le silence que la vie retourne de là où elle vient pour rejoindre sa demeure.

 
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Les sept degrés de l'échelle d'amour spirituel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Les sept degrés de l'échelle d'amour spirituel
Prologue
Du premier degrés
Du 2° degrés
Du 3ème degrés
Du 4ème degré
Du 5ème degré
3 Manières d'honorer Dieu
Du 2° mode d'exercice
Du 3ème mode d'exercice
Rôle des hiérarchies supérieures
2 voies enseignées par le Christ
De ceux qui croient être saints
Des mélodies célestes
Du 6ème degré d'amour
Du 7ème degré d'Amour
Bibliographie et notes

CHAPITRE X.

DE DEUX VOIES QUE LE CHRIST NOUS A ENSEIGNÉES .

     Le Christ, Fils du Dieu vivant, nous a enseigné et a pratiqué dans sa vie deux voies qui peuvent nous conduire à la vie éternelle, si nous voulons aller à sa suite. La première voie est celle des commandements, la seconde celle des conseils.

     Le Seigneur dit, en effet: « Si vous voulez être parfaits et devenir mes disciples, quittez tout ce qui vous est cher, père et mère, frère et sœur, femme et enfants, maison et terre, et tout ce qui au monde vous serait une gêne et un obstacle dans votre tendance intime vers Dieu: quittez tout cela et méprisez-le, si vous voulez me ressembler (31) . Car je vous envoie comme m'a envoyé mon Père (32) , et je n'ai pas eu où reposer ma tête. (33) »

     Ainsi vous ne pouvez garder en ce monde aucune attache ni aucune affection; mais vous devez tout abandonner si vous voulez croître dans la vie intime. Si vous en êtes capable, vous devenez alors disciple du Christ et pauvre en esprit; vous régnez et dominez sur le monde entier, dont vous êtes vainqueur. Et bien que vous n'ayez rien en propre, vous possédez cependant toutes choses en Dieu qui vous a donné la puissance de vaincre.

     Le Christ dit de plus: « Celui qui a quitté tout ce qui pouvait lui être cher, qu'il me suive (34) . », c'est-à-dire qu'il rende honneur à Dieu et qu'il ne se complaise pas en lui-même. C'est ce que faisait, en effet, le Christ, lorsqu'il disait : «Je cherche l'honneur de mon Père qui m'a envoyé: si je poursuis le mien propre, il n'est rien (35) .» De la sorte, l'homme ressemble au Fils de Dieu, de qui il a reçu cette sagesse qui rend humble.

     Enfin, le Christ dit encore : « Qui veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (36) . » De cela il a donné lui-même l'exemple, se renonçant jusqu'à livrer son corps à la mort entre les mains de ses ennemis et remettant son esprit à la volonté de son Père. Et lorsqu'il eut donné tout ce qu'il était et tout ce dont il était capable, il s'écria à haute voix: «Tout est consommé (37) . » Et inclinant la tête, il rendit l'âme.

     Si donc nous voulons, à notre tour, être parfaits dans la charité et dans la vie intime, il faut nous abandonner entièrement nous-mêmes à la très chère volonté de Dieu. Nous devons aussi être disposés et prêts à mourir pour l'honneur de Dieu et aussi pour notre prochain, si nous pouvions de la sorte lui assurer la vie éternelle. C'est alors que notre charité est parfaite envers Dieu et envers le prochain; et ceci nous fait ressembler au Saint-Esprit, qui opère toutes les œuvres de l'amour et qui les consommera dans la vie éternelle.

     La pratique sincère devant Dieu de ces trois renoncements constitue le conseil de Notre-Seigneur et une voie cachée pour aller vers Dieu, que peu d'hommes rencontrent  (38) . Car la pauvreté seulement extérieure, sans la pratique intérieure et les autres vertus, ne suffit pas pour la trouver. Au contraire, la richesse, dont on use sagement et que l'on distribue libéralement aux pauvres pour l'honneur de Dieu, trouve cette voie qui demeure cachée à la pauvreté feinte ou non volontaire.

     Mais il est aussi une voie commune pour aller vers Dieu: c'est celle des commandements du Seigneur. Le Christ dit, en effet: «Si vous voulez être sauvé, observez les commandements   (38') . » Et il dit encore: « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai observé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour (39) . » Car aimer c'est le premier et le plus grand des commandements, et personne ne peut aimer s'il ne vit dans la foi chrétienne.

     À celui qui croit, tout est possible, mais l'incroyant est un charbon d'enfer. Si vous voulez garder les commandements de Dieu, vous devez croire, mettre en lui votre confiance et vous purifier de tout péché, selon la loi chrétienne et les préceptes de la sainte Église. Il vous faut encore obéir volontiers à Dieu et à vos supérieurs, conformément aux usages et bonnes pratiques qui s'accomplissent d'ordinaire dans la sainte Église : tout cela selon votre pouvoir et avec une sage discrétion, d'après la conduite ordinaire des hommes prudents et les usages du pays que vous habitez.

     Vous devez connaître les dix commandements et régler d'après eux votre vie. Vous devez craindre et fuir les sept péchés capitaux, afin de ne pas irriter Dieu et mériter les peines éternelles. Jeûnez et observez les fêtes; soyez zélé et empressé à toutes bonnes œuvres, selon votre pouvoir. Soyez fidèle à Dieu et à vous-même en toute chose bonne, comme un bon serviteur envers son maître, en attendant qu'il vous ramène à lui. Voilà une vie conforme aux commandements, auxquels nous sommes tous tenus.

     Aussi les anges de Dieu qui appartiennent au dernier chœur nous assistent-ils tous les jours de notre vie, afin de pouvoir nous présenter devant la face du Seigneur, purs et sans aucune souillure de péché. C'est là le premier stade et le degré inférieur d'une vie active. On y ressemble aux anges du dernier chœur qui sont dits les messagers de Dieu.

     Il y a ensuite un second stade, une voie plus élevée dans la vie active : c'est la patience qui ne sait nuire. Cette disposition à ne nuire à personne naît de la charité, et la patience est sa sœur (40) . Ces trois vertus, avec la grâce de Dieu, engendrent toutes bonnes œuvres, parce qu'elles refrènent les mauvais penchants de la nature. Et toute distinction de vertus est contenue implicitement en cette innocente patience; car celui qui la possède vit dans la paix de Dieu. Il est humble, doux et obéissant, bienveillant, affable et courtois, simple, sans feinte, prêt à tout supporter, plein de souplesse enfin à l'endroit de tout bien: car il est docile et se laisse instruire par le Seigneur et il reçoit ainsi sans cesse de lui la règle de la vraie paix.

     Lors donc que vous possédez l'ensemble de ces vertus, vous êtes au deuxième stade, où l'on ressemble aux archanges, qui constituent le deuxième chœur et qui commandent et président à tous les anges de l'ordre inférieur dans la première hiérarchie. Et de la sorte, vous dépassez tous ceux qui vivent dans le stade inférieur des bonnes œuvres, où l'on peut se sauver, Il y a, enfin, un troisième stade, où toute vie active agréable à Dieu arrive à son plein achèvement.

     Voyez : lorsqu'un homme simple observe la loi et les commandements, parce que Dieu le veut et l'ordonne et non pas par coutume ni par nécessité, il est juste et agréable à Dieu dans le degré le plus humble de vie.

     Puis, lorsqu'il s'élève et devient orné intérieurement de vertus nombreuses, de façon à ressembler à Dieu, à ses anges et à tous les saints ainsi qu'à tous les hommes justes; par estime de la vertu et haine du vice; en vue de la vie éternelle et pour la paix de sa conscience; pour la joie enfin et le bien-être qu'il goûte dans la sincérité de sa vie, il devient alors beaucoup plus agréable à Dieu que le commun des hommes dans le chœur inférieur.

     Mais lorsque, s'élevant au-dessus de toutes bonnes œuvres à l'extérieur et de toutes vertus intimes à l'intérieur, il porte ses regards et les fixe sur son Dieu avec confiance et dans la foi chrétienne, le poursuivant et l'aimant par-dessus toute chose, puis demeure là et s'y applique préférablement à tout le reste, il possède alors le troisième stade, où toute vie active se consomme. On y ressemble vraiment aux anges du troisième chœur dans la hiérarchie inférieure, qui portent le nom de Vertus. Car les vertus sont consommées lorsque l'homme les offre toutes à Dieu, le poursuivant et l'aimant par-dessus tout (41) .

     Voilà donc une vie active parfaite, composée de trois stades qui nous mènent à la vie éternelle et de plus en plus haut, selon que nous profitons des grâces et suivant notre mérite devant la face de Dieu. Si vous avez l'expérience de cette vie et si vous voulez la conserver et vous y établir, il vous faut être vide et détaché de vous-même et de toute créature, sans qu'il vous soit permis de vous y complaire d'aucune façon; il vous faut, de plus, fixer Dieu, le poursuivre, l'aimer et vous y appliquer, recherchant son honneur par-dessus toute chose. De cette façon, vous pourrez vous établir et demeurer devant la face de Dieu, dans une révérence éternelle.



 
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