Site officiel du Prieuré de Nidauzel
Ressources spirituelles
Richesses locales
Vie artistique

S'identifier

...Pour vous permettre d'accéder à toutes les publications !






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Accueil arrow Annuaire arrow Ecrits arrow Ruysbroeck 

La clé du silence, c'est l'Agneau de Dieu, l'esprit du silence c'est la Vierge Marie.

 
TOUS |0-9 |A |B |C |D |E |F |G |H |I |J |K |L |M |N |O |P |Q |R |S |T |U |V |W |X |Y |Z

Annuaire Ecrits Ruysbroeck

Livre du Royaume des Amants de Dieu Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Livre du Royaume des Amants de Dieu
Souveraineté de Dieu et Création
Incarnation et Sacrements
8 marques de l'homme Juste
3 voies pour aller au Ciel
Voie de lumière naturelle
3ème voie
6 sortes d'hommes imparfaits
2ème sorte d'hommes "mauvais"
3ème sorte d'hommes "mauvais"
4ème sorte d'hommes mauvais
5ème sorte d'hommes "mauvais"
6ème sorte d'hommes "mauvais" et notes
3 vertus Théologales
Don de crainte
Don de piété
De la piété
Posséder le don de piété
Don de science
Posséder le don de science
Don de Force
Posséder le don de Force
Force et Vertus
De la liberté et volonté
Acquérir le don de Force et notes
Don de Conseil
Ressembler au Christ
Les 7 planètes
Posséder le don de Conseil
Plus haut degré de ce Don
Posséder ce Don parfaitement
Don d'Intelligence
Posséder le don d'Intelligence
Don de Sagesse savoureuse
De la raison contemplative
Du Saint Esprit
Posséder le Don de Sagesse et notes
Des 5 Royaumes de Dieu
4 Dons des Corps Glorieux
Du Royaume naturel de Dieu
Du Royaume des Ecritures
Royaume de la Grâce et de la Gloire
6 fruits de la Grâce et de la Gloire
Royaume qui est Dieu Lui-même
Bibliographie et notes.

CHAPITRE XV.

DU DON DE PIÉTÉ.
 

     Le deuxième don divin qui orne l’âme de vertus est la miséricorde ou la piété. Par elle l’homme est rendu bon et serviable, prêt à se dévouer à Dieu et à tous, attentif et prévenant à l’égard de ceux qui sont dans le besoin, dans l’affliction ou l’infortune.
     De cette prévenance et de cette bonté naît la compassion ou sympathie par laquelle l’homme entre en part de la passion et des souffrances du Christ et compatit aux douleurs de tous. La compassion et la pitié engendrent toutes les œuvres charitables, car c’est à la charité que Dieu a confié les sept œuvres de miséricorde. La charité, en effet, est le fidèle serviteur que Dieu a établi sur sa famille et à qui il a remis son trésor et ses richesses afin de subvenir aux nécessités de chacun. Elle procure la nourriture et le breuvage, le logement et le vêtement ; elle assure la visite des pauvres malades, assiste les captifs, quelle que soit la cause juste ou injuste qui les retienne dans les fers, où ils souffrent parfois pour le nom de Dieu ; elle donne consolation à tous d’une façon discrète, elle pourvoit enfin à l’ensevelissement des morts. Les riches emploieront donc les biens de Dieu et ses trésors à pratiquer la charité, et les pauvres auront au moins cette bonne volonté et cette libéralité du cœur, qui portent à donner volontiers lorsqu’on le peut faire. Pour Dieu c’est tout un ; car c’est la miséricorde et la libéralité qui constitue la vertu et non point les œuvres extérieures. Ainsi donc que celui qui ne possède rien se montre cependant bon et compatissant envers son prochain, affable et digne de confiance dans ses conseils et dans ses actes, et en tout ce qui est en son pouvoir.
     La piété engendre la patience, que nul ne peut posséder s’il n’a d’abord la douceur et la bonté. C’est la patience qui donne à l’homme dans les afflictions force et courage, lui permettant de supporter avec calme ce qui lui arrive, dommages ou peines, opprobres ou maladies, tout ce qui enfin peut lui être envoyé par Dieu ou imposé par les créatures. Ainsi pourra-t-il demeurer toujours en paix et en vraie tranquillité. Voilà ceux dont le Christ a dit : « Bienheureux les doux, car ils possèderont la terre (7). »
Lorsqu’un homme, en effet, rempli du don de piété, met au service de Dieu sa compassion et pratique toutes les œuvres de miséricorde, il possède réellement toute la terre ; car son désir est d’employer tout ce qu’il est, tout ce qu’il a et tout ce qui se trouve sur la terre, si c’était en son pouvoir, afin de servir Dieu et d’assister son prochain dans l’indigence, pour l’honneur de Dieu. De plus, il possède sa propre nature par la patience et la douceur : et ainsi jouit-il de cette béatitude promise par le Christ et qui consiste à posséder la terre. Car il a la possession de lui-même et de toute créature selon l’ordre voulu et établi par Dieu.
     Un tel homme ressemble aux archanges, ainsi nommés parce qu’ils sont au-dessus des anges du premier chœur ; il est leur émule et de leur société. Car les archanges prodiguent eux-mêmes leur bonté envers tous les hommes, surtout envers ceux qui les imitent en libéralité et miséricorde, et ils s’emploient à pro-mouvoir toutes les dispositions charitables, là où elles se rencontrent. La dignité des archanges est plus haute que celle des anges inférieurs ; ce sont les messagers les plus dignes parmi ceux que Dieu envoie aux hommes sous forme humaine. C’est ainsi que l’archange Gabriel apporta à Marie l’annonce qu’elle serait Mère de Dieu, et il y avait dans cette annonce grande miséricorde et piété, compassion et libéralité, puisqu’il s’agissait d’un Dieu fait homme. Les archanges sont donc éminemment charitables, particulière-ment envers tous ceux qui pratiquent la charité avec toute leur diligence et leur zèle.
     L’homme qui est rempli de charité et de piété res-semble encore à Dieu dans sa nature divine et dans son humanité sainte. Dieu est, en effet, si clément et si miséricordieux que tous ceux qui l’approchent et le touchent reçoivent ses dons en abondance. Dans sa compassion et sa libéralité, il a créé et consacré au service de l’homme le ciel et la terre, avec toutes les créatures qui s’y trouvent, demandant seulement en retour que l’homme lui demeurât fidèle. De plus, il a promis de se donner lui-même en joies incompréhensibles, pourvu que l’homme consente à se tourner vers lui. Sa longanimité et sa patience à attendre ce retour sont sans bornes, et il est plein de mansuétude pour supporter les nombreuses iniquités et injustices des hommes. Dans sa nature humaine le Christ s’est montré rempli de bonté et de douceur à l’égard de tous, en toutes circonstances ; et sa grande compassion le faisait pleurer sur Jérusalem et ses habitants, dont il prévoyait la perte, alors qu’ils étaient ses ennemis. Il versa des larmes de compassion avec Marthe et Marie-Madeleine, au tombeau de leur frère ; il manifesta sa pitié pour une pauvre veuve et la foule qui l’accompagnait au dehors des portes de la ville, en ressuscitant le jeune homme de la mort. C’est d’ailleurs envers tous les hommes et selon leurs désirs que le Christ a témoigné et témoigne sans cesse son immense charité, ainsi qu’il le fit spécialement pour cette foule de cinq mille hommes qu’il rassasia avec cinq pains d’orge et deux poissons. Dans sa bonté et sa miséricorde, il n’a jamais manqué et ne manquera jamais à aucun besoin, pourvu que l’on se confie à lui. Enfin son infinie patience a paru dans toutes ses souffrances, alors qu’il était abandonné de son Père et de tous ses amis, supportant toute misère dans l’abnégation de sa nature corporelle jusqu’à la mort.
     Celui donc qui a acquis ainsi le don divin de piété donne au second élément humain, qui est représenté par l’eau, l’ornement des plus nobles vertus, c’est-à-dire qu’il orne en lui-même la puissance concupiscible de l’âme.



 
< Précédent   Suivant >
Copyright 2006 Ass. Nidauzel & Editions Erémitik - Reproduction interdite sans autorisation écrite