COMMENT LA PIÉTÉ RESSEMBLE À LA SOURCE DU PARADIS.
La piété ressemble à la source qui jaillissait au centre du paradis terrestre, et qui se divisait en quatre fleuves. C’est par elle, en effet, que la puissance concupiscible s’écoule de quatre manières. Il y a un premier fleuve qui se dirige vers le ciel, sous la forme de compassion aux souffrances du Christ et de tous ses saints. Ce fleuve n’est que joie et louange, car les souffrances sont passées et ceux qui les ont portées sont dans l’allégresse. Le deuxième fleuve coule vers le purgatoire, et il est fait de compassion pour toutes les âmes qui sont dans les peines, afin de satisfaire pour leurs péchés. La puis-sance concupiscible s’y dépense en prière intime à Dieu, pour la délivrance de ceux qui nous sont chers. Le troisième fleuve du paradis de vie se répand sur toute la terre c’est la compassion et la pitié pour toutes les nécessités et tous les intérêts de la sainte Église. Ici la puissance concupiscible opère par la seule intimité amoureuse avec Dieu, plus que tous les hommes ne sauraient faire par les œuvres extérieures de miséricorde. Le quatrième fleuve, ce sont les œuvres extérieures de charité et de libéralité répandues sur tous ceux qui les réclament, qu’il s’agisse de donner des conseils ou de faire le bien sous quelque forme que ce soit. Dans cette pratique de la charité il y a souvent grand labeur. Tels sont les quatre fleuves de charité qui servent d’ornements variés à la vertu de piété.