Les sept planètes du firmament ont un rapport avec les sept jours qui mesurent le temps (6)
Et tout d'abord le soleil est parmi les astres le plus puissant et le plus clair. Il représente la raison éclairée, lumière puissante de l'intelligence qui s'incline vers les choses extérieures. C'est cette raison éclairée qui, dans le royaume de l'âme, fait luire le premier jour, ou jour du soleil, durant lequel on se repose ; car elle met en repos toutes les puissances de l'âme, qu'elle rend ainsi capables d'entendre ses ordres et de s'y conformer durant la semaine, c'est-à-dire toute la vie.
Le second jour est le lundi, jour de travail, auquel préside la lune, symbole de la discrétion qui emprunte sa lumière au soleil de la raison éclairée, afin que toute la semaine, c'est-à-dire en tout temps, règne un ordre parfait. La lune est à juste titre symbole de discrétion, car elle effectue sa révolution tout près de la terre, de même que la discrétion s'unit à toute vie active. Le soleil représente mieux la raison éclairée : comme lui cette dernière est élevée, car elle régit la vie intérieure affective.
La planète Mars, symbole d'humilité et d'obéissance en toutes vertus, préside au mardi.
Le mercredi, c'est la planète Mercure, symbole de charité et de bienfaisance ; car nous sommes arrivés au milieu de la semaine ou à la moitié du temps qui nous reste à parcourir. Si nous perdons ce temps, il s'écoule néanmoins, et à l'heure de la fête éternelle nous ne le retrouverons plus.
Le jeudi est présidé par la planète Jupiter, figure d'un désir véhément de charité pour Dieu, joint à l'amour et à la louange ; voici, en effet, toute proche, la fête qui nous introduira à la cour céleste.
Le vendredi est le jour de Vénus qui symbolise la touche de l'amour divin. Cette planète, en effet, se lève à l'aurore, comme la touche divine se fait sentir dans l'unité de l'âme, à la source de toute action créée ; le soleil, ou la raison illuminée brillera ensuite de tout son éclat. Lorsque notre étoile du matin ou toucher divin paraît à l'aurore, tout le royaume de l'âme est en fête parce que l'on sent que cette clarté vient du ciel immuable de l'unité de Dieu. Souvent alors, sous l'éclat du soleil et le feu de l'amour, notre étoile se transforme de telle sorte qu'il semble impossible d'atteindre ce que l'on aime. C'est alors le midi, et l'on paye sa dette, telle qu'on la connaît. Car lorsque nous regardons la grandeur de Dieu et notre propre faiblesse, et que nous voyons combien nous sommes redevables à Dieu et aux hommes ; alors il nous semble que tout nous manque et que nous ne rendons ni à Dieu ni aux hommes ce que nous devons.
La charité est grande alors et la raison éclairée brille avec éclat aussi sommes-nous dominés par l'humilité à la vue de notre infirmité, et c'est ainsi que nous payons notre dette. La planète dont nous avons parlé peut encore s'appeler l'étoile du soir, quand par la raison éclairée et l'ardeur de la charité on a satisfait envers tous. Jusque-là, la raison éclairée, représentée par le soleil, a poussé devant elle l'étoile du matin, c'est-à-dire l'amour, le portant à toutes les œuvres vertueuses ; mais lorsque l'on a satisfait à tous selon son pouvoir, l'étoile du matin devient étoile du soir et suit le soleil ; c'est l'amour qui voudrait trouver son repos dans l'unité, s'il était capable de la posséder éternellement.
Le samedi est présidé par Saturne le terrible, qui représente la faim et l'impatience causées par la pensée que Dieu nous échappe. Cette faim, figurée par Saturne, se tient au sommet de la puissance concupiscible et elle est plus impérieuse que celle que l'on ressent en se voyant incapable de vertus dignes de Dieu. La première convoite, en effet, la jouissance tandis que l'autre ne regarde que les œuvres vertueuses. L'une regarde Dieu, l'autre soi-même, et malgré qu'elles aient leur siège dans le même désir, elles diffèrent par l'action. La faim dont nous parlons, figurée par la planète furieuse (7), produit dans le royaume de l'âme des éclairs et de terribles tonnerres, des ouragans et des tempêtes violentes. L'éclair c'est le toucher divin qui remue l'âme dans une continuelle impatience, découvre le ciel de l'intelligence et montre le bien-aimé couronné au sein d'incompréhensibles joies. Puis vient la foudre, c'est-à-dire la fureur d'amour qui naît de l'impuissance à atteindre le bien-aimé. Il s'ensuit de grands bouleversements qui agitent de fond en comble le royaume de l'âme et si la raison éclairée, que Dieu a conformée en vue de cet état d'impatience, ne s'y opposait, l'on serait incapable d'attendre la fête et la venue de l'Époux. Mais cette raison éclairée montre avec clarté et évidence que l'on jouira bientôt du bien-aimé en toutes délices, avec toute la puissance de jouir dont on est capable. Et cela fait prendre patience à celui qui aime.
Ainsi, comme nous l'avons marqué dans ces différents degrés, telle doit être, dans toute sa sincérité, la vie de l'homme, s'il veut arriver à la vie superessentielle, c'est-à-dire à la vie contemplative selon le mode divin.