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Livre du Royaume des Amants de Dieu |
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Page 9 sur 45 CHAPITRE VIII. DE LA DEUXIÈME SORTE D'HOMMES MAUVAIS. Il y a une seconde catégorie, qui comprend les incrédules, rebelles aux douze articles de la foi et aux sept sacrements, ou ennemis opiniâtres de la sainte Église en quelque point que ce soit, d'une façon publique ou privée. S'ils demeurent dans leur incrédulité, ils sont tous voués à la réprobation, alors même qu'ils auraient toutes les vertus morales, pratiqueraient les œuvres de miséricorde et seraient doués de toute la clarté d'intelligence qu'ont jamais pu posséder tous les hommes. Or, quatre choses conduisent à cette incrédulité : 1° l'endurcissement dans la volonté propre qui fait que l'on ne veut suivre le conseil ni l'avis de personne ; 2° la complaisance prise dans le savoir naturel et dans la subtilité, ou encore le plaisir d'afficher extérieurement des manières singulières qui tranchent sur le commun des hommes vertueux ; 3° l'attachement de croyance à une idée ou inspiration quelconque, sans prendre garde suffisamment si elle est conforme ou contraire à la sainte Église ; 4° l'orgueil de l'esprit, par lequel l'homme croit ses propres opinions de préférence à celles de la sainte chrétienté. C'est ainsi que l'homme devient incrédule et indigne des grâces de Dieu. Mais ceux qui veulent se convertir doivent renoncer à leur propre volonté et soumettre leur science et leur intelligence à la doctrine et à l'enseignement de la sainte Église ; employer toute leur vie extérieure et intérieure à l'honneur de Dieu, en évitant l'orgueil ; croire enfin intérieurement et sans feinte ce que croit l'Église, en pratiquant extérieurement et en toutes manières, chacun selon son état, ce qu'elle commande et ce qu'elle pratique : ainsi ces hommes pourront-ils obtenir la grâce et ensuite gagner la béatitude. Les païens, même lorsqu'ils vivent selon le droit naturel, sont réprouvés ; car aujourd'hui le nom de Jésus-Christ, ses œuvres et ses prophéties, ainsi que la rédemption du monde ont été prêchés et publiés ouvertement jusqu'aux extrémités de la terre. Quant aux juifs, alors même qu'ils vivraient selon les commandements de Dieu, leurs coutumes et les enseignements de leurs pères, ils encourent une réprobation plus grave que celle des païens, car ils méprisent les prophéties de leur propre loi, qui ont annoncé l'avènement et les souffrances du Christ ; ils dédaignent sa venue, son enseignement et son œuvre avec une malice réelle et consciente, se montrant ainsi pires que les païens, car ils ont reçu plus de dons et ils ne veulent pas le reconnaître.
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