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Le Livre de la plus haute Vérité |
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Page 1 sur 16 PROLOGUE.
Le prophète Samuel pleura le roi Saül, bien qu'il sût que Dieu l'avait méprisé et rejeté, avec toute sa race, du règne d'Israël, à cause de son orgueil et de sa désobéissance à Dieu et au prophète envoyé par lui. Nous lisons d'autre part dans l'Évangile que les disciples de Notre Seigneur le prièrent de renvoyer la femme païenne de Chanaan, en lui accordant tout ce qu'elle désirait, car elle criait après eux.
À mon tour, je puis bien dire que nous devons pleurer sur tant d'hommes qui se trompent en pensant être rois en Israel, qui se croient élevés au-dessus de tous, même des bons, dans une haute vie contemplative ; ce ne sont cependant que des orgueilleux. Ils désobéissent volontairement et sciemment à Dieu, à la loi, à la sainte Église et renient toutes les vertus. Comme le roi Saül déchira le manteau du prophète Samuel, ainsi s'efforcent-ils de déchirer l'unité de la foi chrétienne, en même temps que toute doctrine vraie et toute vie vertueuse.
Ceux qui persistent dans cette voie sont séparés et retranchés du royaume de l'éternelle contemplation, comme Saül l'a été du royaume d'Israël. L'humble petite femme de Chanaan, au contraire, bien que païenne et étrangère, crut et espéra en Dieu. Elle reconnut et confessa sa petitesse devant le Christ et ses Apôtres ; aussi reçut-elle grâce, santé et tout ce qu'elle désirait. Car Dieu élève l'humble et le remplit de toutes les vertus, mais il résiste à l'orgueilleux qui demeure privé de tous les biens.
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