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Avoir peur du silence c'est avoir peur de son « moi », être trop sûr de lui. Être trop sûr de son « moi » c'est être trop « raisonneur ».

 
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Le Livre de la plus haute Vérité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Le Livre de la plus haute Vérité
Pourquoi ce livre
Doctrine exposée
L'union par intermédiaire
Des oisifs et pervers
De l'union sans intermédiaire
De la santé et du mal
Limites des hommes bons
Comment atteindre l'union
Opérations de la Grâce
Complaisance mutuelle
Comment les justes sont élevés par l'Amour
De l'Unité
De la triple prière du Christ
L'auteur s'en remet à l'Eglise
Bibliographie et notes

CHAPITRE IX.

DE CERTAINES OPÉRATIONS DE LA GRÂCE DE DIEU.

     Voyez, cet amour éternel qui vit dans l'esprit auquel il est uni sans intermédiaire donne sa lumière et sa grâce à toutes les puissances de l'âme ; et c'est là le principe de toutes les vertus. La grâce de Dieu touche les puissances supérieures et cette touche de Dieu sur les puissances en fait jaillir la charité, la connaissance de la vérité, l'amour de toute justice, l'exercice des conseils de Dieu avec discrétion, une liberté sans images. Elle fait vaincre toutes choses sans labeur, et par l'amour elle ravit dans l'unité. Aussi longtemps que l'homme demeure dans cet exercice, il est capable de contempler et de ressentir l'union sans intermédiaire. Il sent en lui cette touche de Dieu, qui est un renouvellement de la grâce et de toutes les vertus divines. Et vous devez savoir que cette grâce de Dieu pénètre jusque dans les puissances inférieures, qu'elle touche le cœur de l'homme et y produit l'amour tendre et l'attrait sensible pour Dieu. Cet amour et cet attrait pénètrent le cœur et les sens, la chair et le sang, et toute la nature corporelle, donnant à tout l'homme une impulsion et une impatience telles que souvent il ne sait que faire de lui-même. Il est dans l'état d'un homme ivre qui ne se possède plus. De là maintes manières bizarres que des hommes au cœur sensible ne peuvent pas facilement dominer. C'est ainsi que souvent ils lèvent la tête vers le ciel avec les yeux grand ouverts, dans l'impatience de leurs désirs ; tantôt c'est la joie, tantôt les larmes ; tantôt ils chantent, tantôt ils crient ; aujourd'hui ils sont bien, demain ils seront mal et souvent l'un et l'autre ensemble. Ils marchent en sautant, battent des mains, s'agenouillent, s'inclinent et font encore beaucoup d'autres gestes aussi étranges.

     Tant que l'homme demeure en cet état et avec le cœur ouvert se tient élevé jusqu'à la richesse de Dieu qui vit en son esprit, il sent une nouvelle touche divine et une nouvelle impatience d'amour, et ainsi toutes ces choses se répètent. Et c'est pourquoi l'homme doit se servir de ce sentiment corporel pour passer quelquefois à un sentiment spirituel qui est raisonnable, et de ce sentiment spirituel s'élever à un sentiment divin qui est au-dessus de la raison. Enfin au moyen de ce sentiment divin, il doit se plonger lui-même dans un sentiment d'immobilité bienheureuse. Ce sentiment est notre béatitude superessentielle qui est la jouissance même de Dieu et de tous ses bien-aimés. Cette béatitude c'est le silence dans les ténèbres et le repos : il est essentiel à Dieu, et superessentiel à toutes les créatures. C'est là qu'il faut dire que les personnes divines retournent et s'abîment dans l'amour essentiel, c'est-à-dire dans l'unité fruitive ; et cependant elles demeurent toujours, selon leurs propriétés personnelles, dans les opérations de la Trinité.



 
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