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Saint Ambroise - Conseiller de Gratien |
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Page 26 sur 31 Le titre du livre De officiis ministrorum, (des devoirs des prêtres) est à peu près textuellement emprunté au plus fameux ouvrage moral de Cicéron. A la vérité, l'auteur fait profession de n'adresser ses conseils qu'à ceux qui prétendent au sacerdoce, mais cette restriction n'est qu'apparente, ou du moins, il oublie souvent d'en tenir compte, car ce sont tous les fidèles et. en réalité même, tous les hommes qui sont également intéressés et dans les questions qu'il pose et dans les solutions qu'il y donne. Dans l'exposé qu'il fait de diverses catégories de devoirs, il adopte le plan tracé par le moraliste romain qui n'avait fait que reproduire les idées d'un philosophe, Panétius, dont les ouvrages ne nous sont pas parvenus. Il cite les noms de ces deux maîtres et se recommande de leur autorité, mais c'est à la condition de commencer par faire dériver l'obligation morale d'une source élevée qui ne leur était pas connue : la volonté de Dieu révélée par sa parole. « Venez, mes enfants, dit-il en commençant, écoutez-moi, je vous inspirerai la crainte du Seigneur. » Puis Cicéron admettait que la conduite de l'homme peut être dirigée par deux considérations différentes, l'honnêteté d'un acte ou son utilité, et c'est après avoir examiné l'un et l'autre de ces mobiles, qu'il décide ce qui doit être fait quand l'honnête et l'utile ne s'accordent pas. C'est une distinction qu'Ambroise ne veut pas faire et une comparaison que, suivant lui, on ne doit pas établir, car il n'y a d'utile que ce qui est honnête. L'utile n'est pas ce qui contribue au bien de la vie présente, mais bien ce qui assure le bien éternel de la vie future. C'est tout au plus même si, envisagés de ce point de vue, tous les avantages qui paraissent aux hommes utiles ou agréables, jouissances, richesses, pouvoir, ne sont pas le contraire même de l'utilité puisqu'ils peuvent l'égarer et le corrompre. « Ces biens prétendus sont moins que rien, on ne perd rien en les perdant, c'est ce bien prétendu qui est une ruine, on n'est pas ruiné pour en être privé. »
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