Le nouvel annuaire des sites Catholiques est en ligne. Vous pourrez profiter au mieux de la nouvelle présentation, des nouvelles possibilités de vote, et de la fonction "wrapper" qui permet par un simple passage du pointeur sur les liens d'en afficher les détails.
Puis après avoir rattaché ainsi toutes les obligations morales à un seul principe et attribué tous les actes permis ou commandés à un seul mobile, le respect et l'amour de la loi divine, quand il passe à l'application de ces règles fondamentales, ses avis sont dictés par un esprit de sagesse et de mesure qui sait s'approprier avec un art intelligent à toutes les conditions de la vie commune. Il évite tout ce qui pourrait donner au fidèle l'apparence d'une humeur insociable, ou faire douter qu'il soit apte il remplir les devoirs imposés à tous. Il va ainsi au-devant de plus d'un reproche fait aux chrétiens d'alors par leurs adversaires et que des historiens, qui ne rendent pas justice au rôle de l'Église, leur font encore même de nos jours. Que n'avait-on pas dit et que ne répète-t-on pas encore aujourd'hui sur la répugnance témoignée par les premiers chrétiens pour la profession des armes, provenant, dit-on, de leur indifférence pour les maux et les dangers de la patrie romaine ? Ambroise, tout plein d'un sentiment tout opposé, ne veut pas admettre ce soupçon. Aussi quand il traite de la vertu de courage, il la divise en deux parties; il y a d'abord ce qu'il appelle le courage domestique, c'est-à-dire la force d'âme que l'homme doit exercer sur lui-même pour maîtriser ses passions et ne pas se laisser abattre par les épreuves et les maux de la vie ; mais il y a aussi le courage guerrier, celui qui doit faire face à l'ennemi. « Plusieurs, dit-il, ne font cas que de celui-là : et il ne faut pas qu'on puisse croire que nous ne l'estimons pas comme s'il avait fait défaut aux nôtres, » et pour repousser cette imputation, il rappelle les grands exemples de vaillance patriotique donnés par Josué, Gédéon, et les Macchabées. C'est bien la même inspiration qu'on retrouve dans une de ses prédications où, traitant d'un passage où il est dit que le Christ ne fit aucun miracle dans la Galilée, sa patrie : « Qu'on n'aille pas croire, s'écrie-t-il, que nous regardions l'affection de la patrie comme un sentiment sans valeur. Comment celui qui aimait tous les hommes ne nous aurait-il pas appris à aimer nos concitoyens ? » Quand il traite aussi de la vertu de bienfaisance, à laquelle il laisse encore le nom que lui donnait Cicéron (bien que celui de charité fût assurément sur les livres de ceux à qui il parlait), il ne la renferme pas dans l'ensemble des règles froides et compassées tracées par le moraliste romain qui recommande à chacun de proportionner soigneusement ses bienfaits à ses moyens afin de ne pas faire tort à ses héritiers : « Au contraire, dit-il, il faut savoir se priver soi-même pour donner. Il faut chercher et trouver la misère qui se cache : grande est votre faute, s'il y a, à votre connaissance, un de vos frères qui languisse dans le dénuement, qui souffre de la faim et des privations et qui soit mis aux fers, peut-être conduit au supplice pour une cause injuste quand vous pourriez l'en tirer, et que votre argent ait ainsi à vos yeux plus de valeur que la vie d'un homme. Personne ne doit craindre de s appauvrir en secourant les pauvres; car le Christ était riche et il s'est fait pauvre pour subvenir à notre misère. » Jamais Cicéron, ni Sénèque, ni même Marc-Aurèle n'avaient tenu pareil langage.