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Saint Ambroise - Conseiller de Gratien Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Saint Ambroise - Conseiller de Gratien
?Naissance et jeunesse d'Ambroise
Vie à Rome après le décès du père
Premiers pas d'Ambroise dans la vie publique
Dissidences des ariens
Comment les ariens se sont implantés à Milan
Page 7
Comment Ambroise essaya de se dérober à son élection episcopale
Sacre d'Ambroise.
Commencement de sa vie episcopale
Mort de Valentinien et influence de Justine sur Gratien
Les Huns envahissent les Goths
L'entrée des Goths "déportés" dans l'Empire romain d'orient.
Réponse pieuse et patriotique d'Ambroise à Gratien
Départ de Gratien pour la défense de l'Empire en Orient et mort de Valens
Ambroise rachète les captifs
Sursaut de l'Empire
Nomination de Théodose par Gratien et retour de celui-ci en Occident.
Lettre d'Ambroise déclinant l'invitation
Ambroise conseiller spirituel et politique de Gratien
L'affaire de l'autel de la déesse Victoire
Lutte contre l'hérésie
De ceux qui s'adressaient à Ambroise
Vie apostolique d'Ambroise
Estime de Saint Augustin envers Ambroise
A propos du livre De officiis ministrorum
Ambroise, défenseur de l'unité intérieure du chrétien, de l'Empire et de l'Eglise
De la charité chrétienne par Saint Ambroise
Règles données à ses prêtres et à son troupeau
Emotions à la mort de Satyre
Cinq années d'instruction aux fidèles et charité d'Ambroise.

Près de cinq années passées encore à instruire les fidèles chaque jour et en toute occasion par des leçons éloquentes que confirmait le spectacle d'admirables exemples, portaient au comble la renommée d'Ambroise. On put voir jusqu'où s'étendait le prestige de son nom par l'accueil qui lui fut fait, à Rome, lorsque, après plus de huit années d'absence, il dut aller revoir le lieu où il avait passé sa jeunesse, et qu'il avait quitté dans des vues et avec des espérances si différentes de celles de la carrière où l'appel divin l'avait fait entrer. Ce fut un véritable triomphe. La foule se pressait sur ses pas, avide de le voir et de l'entendre. Les pauvres accouraient pour être secourus et les malades même pour être guéris, car on attribuait à ses prières le don d'opérer des cures miraculeuses. Il fallut se dérober à ces ovations pour entrer dans la maison paternelle que malheureusement il trouvait vide : sa mère avait cessé de vivre sans qu'il eût pu lui fermer les yeux et sa sœur Marceline l'y attendait seule. Ce fut entre eux un triste entretien qu'un éclair de gaieté vint pourtant un instant interrompre : ils se rappelèrent que dans leurs jeux enfantins, prenant un rôle de maître et de père, il avait exigé de sa sœur des marques de respect qu'elle n'avait pas voulu lui donner. « Je vous en avais averti, lui dit-il, qu'il faudrait bien que vous y vinssiez. Allez vous refuser de baiser la main de votre évêque ? »
Nul doute que chez ces populations de l'Empire depuis longtemps accoutumées a obéir, et qui n'étaient que trop portées à rendre hommage au pouvoir, le crédit bien connu dont Ambroise jouissait auprès de l'Empereur, ne fût pour quelque chose dans l'empressement flatteur et presque enthousiaste qu'on lui témoignait. Il y eut pourtant un jour où cette condition même de conseiller de Gratien mit la faveur générale à une assez forte épreuve. Pendant ce séjour qui dura quelques mois, une famine vint à se déclarer à Rome, causée soit par l'insuffisance des récoltes, soit par un retard survenu dans les transports maritimes dont dépendait la subsistance de la grande cité. L'émotion fut assez vive dans les classes populaires ; et comme les sénateurs païens, toujours ulcérés de n'avoir pu faire revenir sur la suppression de l'autel de la Victoire, ne se firent pas faute de l'exploiter, elle se fût aisément tournée en irritation contre celui dont l'influence avait privé Rome du culte protecteur de sa fortune. Mais Ambroise, soit par l'exemple de ses libéralités personnelles, soit par ses exhortations pressantes, sut obtenir de tous les chrétiens riches qui étaient ses parents ou ses amis de véritables prodiges de charité qui firent taire tous les scrupules, et le jour qu'il dut partir, il fut accompagné jusqu'aux portes de Rome par les bénédictions du peuple entier.
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