Cette fiche est une méditation spirituelle faite lors d'une homélie du
premier janvier, en la Fête de Marie Mère de Dieu. Elle n'est pas une
fiche de réponse théologique, mais de méditation spirituelle.
Quel bon début d’année civile que
ce jour où nous fêtons Marie, la Mère de Dieu, qui nous accompagne tout au long
de notre vie au pied de la Croix et à l’avènement de notre future
résurrection !
Marie, la Nouvelle Eve, remplace
la première Eve de façon admirable, par la grâce de Dieu.
Eve avait consommé le fruit
interdit par la ruse du serpent. Marie rend le Fruit Salvateur, par respect et
acceptation de la Volonté de Dieu, écrasant le serpent pour mieux entendre la
voix de l’Ange.
Marie, fruit de la grâce divine,
grâce sans précédent depuis le péché originel, met au monde le fruit de la
grâce pour l’humanité toute entière, fruit que nous pouvons consommer afin de
devenir, comme le disait le serpent, des dieux. Voilà donc terré le serpent,
qui voit l’humanité aimée de Dieu au point de nous autoriser à devenir des
fils, nourris de l’humilité de la Mère !
Marie, Mère de Dieu, est aussi
notre Mère à tous. Car, par la naissance de son Fils, nous sommes devenu ses
fils à la Croix. A la Croix, la naissance du Corps Mystique de ce même Fils, le
Temple bâti en trois jours, l’Eglise, nous engendre dans le Fils avec la Mère,
avec Notre Mère.
Marie, Immaculée dans Sa
maternité, Vierge pour l’éternité, par la Grâce de Dieu, préservée de tout péché,
est notre médiatrice, notre protectrice. Par Elle, nous pouvons nous souvenir
que le silence de Marie est rempli du Verbe de Dieu. Nous pouvons percevoir que
le fruit du silence nous apprend le langage divin. Il n’y a rien de plus simple
que l’apprentissage du langage de Dieu, lorsque nous nous trouvons dans le
silence de la Création, habité de la Trinité.
Apprentis de la langue des Saints,
de la langue de l’Eglise commune à sa partie visible comme à sa partie
invisible, nous découvrons, avec Notre Mère, que l’Espérance naît quand la
croix se dresse dans nos vies et dans nos âmes, dans notre corps comme dans
notre esprit. Comme Marie, nous apprenons que Patience et Courage sont
la devise qui permettent d’apprendre la langue Divine. Alors, nos balbutiements
de silence nous permettent de nous laisser aller à des actes intérieurs, des
actes d’Amour à l’égard de Dieu et de son prochain. Car le silence de Marie est
un exemple pur de celle qui, n’ayant goûté au péché, n’a besoin de parler que
le langage divin, n’a besoin que de parler et respirer le silence.
Marie, Mère de Dieu, est donc
celle qui nous apprend que la méditation, l’oraison, l’adoration sont les trois
actes d’amour et d’espérance du chrétien, sont les meilleures discussions que
nous puissions avoir sur cette terre, des discussions de cœur à cœur, d’âme à
âme, sans demandes ni réponses, mais de la seule présence de l’âme unie à son
essence même, c’est-à-dire, unie à Dieu, à la Trinité…
Oui, en effet, si Dieu n’était pas Trinité, comment
l’homme aurait pu spirituellement découvrir la Bonté d’un Père Divin, la Beauté
de la Colombe Immaculée comme la Vierge qu’Il a daigné épouser, la Vérité d’une
Parole donnée à l’humanité toute entière ? Et de même, si l’homme n’avait
reçu, de ces trois personnes de même Nature, la Foi ? Comment aurait-il pu
croire en la Paternité Divine ? S’il n’avait reçu l’Espérance ?
Comment aurait-il pu, dans le cœur de la Colombe, y purifier son âme pour
s’envoler avec Elle au dernier jour ? S’il n’avait reçu la Charité ?
Comment aurait-il pu unir la Parole de Vie à la Grâce de la Colombe pour se
jeter dans les bras de son Père, fusionnés dans l’Amour avec Lui et tous ses
frères humains ? Oui, le voilà le secret de l’Art Divin qui mêle la Foi
l’Espérance et l’Amour dans la Beauté, la Bonté et la Vérité de la Trinité…
Tout cela, nous n’aurions pu le savourer pour l’éternité sans la présence de
Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise. Amen.
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