Essayons de méditer quelques instants sur la Sainte Famille ; la naissance de cette nouvelle famille qui va être soudée par l’Esprit Saint, afin de permettre au Fils d’accomplir l’œuvre du Père sur terre.
L’Autorité de Jésus passe par ses parents, et n’est point éclipsé durant toutes ces années de jeunesse. Car Jésus possède depuis sa naissance sa nature humaine et sa nature divine de Verbe Incarné. Joseph, le père adoptif, qui devrait, selon la tradition israélite, être le Patriarche, le chef, est très largement effacé dans les Ecritures. Comme Marie, il devait garder dans son cœur ces paroles de l’Ange : « Ne crains pas de prendre chez Toi Marie, car l’enfant qui va naître vient de l’Esprit Saint. » Joseph savait dés lors que son autorité de Patriarche ne serait pas celle qui émanerait de lui-même, mais que le Saint Esprit, qui a couvert de son ombre la Vierge Marie, le couvrirait de ses Dons de Sagesse et de Prudence, de paternité, afin de laisser l’Autorité divine se révéler à son heure. Le charpentier construisait, par le Saint Esprit, le foyer qui accueillait le Fils de Dieu en ce monde. Il abritait sous son toit Celui qui est éternel ! Quelle source de contemplation, mais aussi de troubles pour la foi d’un israélite ! Sans l’Esprit Saint d’une part, et sans la docilité de Joseph à la Parole de Dieu d’autre part, le tissage de cette autorité aimante de ce même Joseph n’aurait jamais pu se réaliser.
Marie, Mère qui a porté le Sauveur du monde, Immaculée en sa Conception, porte aussi le Fils et profite de ses enseignements divins. Elle est celle qui a le moins parlé, le moins exprimé les échanges qu’elle a eu avec le Fils de Dieu… Mais elle est sans doute celle qui a le plus profité, par cette relation privilégiée, par cette complicité de Mère à Fils, de la richesse divine. Pourquoi donc n’a t’elle pas rédigé elle aussi un Evangile ; l’Evangile de Marie ? Cela aurait été magnifique ! Mais elle ne l’a pas fait, parce que sa mission était d’être la Mère de Dieu et de l’Eglise. En tant que Mère, elle a aimé. En tant qu’aimante, elle a découvert son Fils dans une relation qui ne pouvait être promulguée avec la langue. Car cette langue a précipitée Eve dans la déchéance, et Marie préférait garder toutes choses dans son cœur afin de laisser Immaculée ce qui aurait été sali et profané par les hommes pécheurs. Ces secrets partagés n’auraient sans doute pas pu être compris par l’homme pécheur, car le Saint Esprit a permis une relation privilégiée entre la Mère Immaculée et le Fils divin que même Joseph n’a pas dû percer entièrement. Ce mystère de la relation du Fils à la Mère reste scellé dans le Tabernacle des Cœurs Unis de Jésus et Marie.
Enfin, Jésus, le Fils de Dieu, né de Marie, la Nouvelle Eve. Adopté par Joseph, le père adoptif, dévoué et aimant. Sa seule fugue a été pour réaliser les Affaires de son Père, Dieu. C’est le seul portrait trouble de l’entente dans la Sainte Famille que l’on peut lire dans les Evangiles. Marie fait un reproche à Jésus, et Jésus lui répond avec, déjà, une certaine autorité. Puis l’Ecriture conclut : « Il leur était soumis. » Jésus, au Temple, enseignait déjà les Docteurs de la Loi et la foule. Pendant trois jours il s’est dérobé à l’autorité de Joseph et de Marie afin de revêtir l’autorité de son Père des cieux, et d’annoncer déjà quelle serait Sa mission. Jésus restait ensuite soumis à ses parents, mais son intervention n’a pas dû passer inaperçue. La population a vite dû conter cette aventure. L’Evangile conclut d’ailleurs que Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes.
Voilà donc que l’autorité de Jésus passera par le cœur de Joseph et de Marie, par l’Esprit Saint, afin que l’autorité du père adoptif soit en harmonie avec la mission du Fils et que la tendresse de la mère soit une présence maternelle agissante et équilibrante pour la nature humaine du Fils. Dieu a mis son Fils Unique dans ce cocon familial qui est le modèle d’éducation parfaite. Jésus, le Fils, est le modèle des enfants qui marchent à sa suite pour tendre vers le Père. Il est le Noël des hommes de bonne volonté ; à la fois Fils Unique et frère aîné des baptisés, des adoptés du Père !
Jésus, doux et véritable éducateur :
Jésus a disparu pendant trois jours aux yeux de Marie et de Joseph. Ainsi, il accomplissait cet acte troublant et angoissant pour ses parents afin de leur permettre de vivre plus intérieurement les trois jours qui sépareraient sa mort de sa résurrection. Jésus voulait que Marie se souvienne de ce moment où Il disparaîtrai pendant trois jours, et où elle le retrouverai dans ce Nouveau Temple, Son Corps de Ressuscité. (On pense que Joseph était mort à la Passion du Christ.) Jésus éduque aussi le cœur du chrétien. Nous aussi parcourons notre vie sur terre sans pour autant saisir toute la réalité divine du Christ et de la Trinité. Jésus, à travers ces trois jours où il disparaîtra, nous invite à ne pas nous troubler et à le chercher chaque jour de notre vie. Nos âmes monteront ainsi doucement vers la Jérusalem Céleste, où nous trouverons sa présence et notre consolation. Nous entrerons alors dans la partie Invisible du Corps Mystique du Christ (l’Eglise invisible que nous proclamons dans notre Credo).
Rendons grâce à Dieu qui a mis sous nos yeux l’exemple d’une Sainte Famille. Demandons donc à Dieu, par son Fils, de permettre au Saint Esprit de nous envahir des grâces de l’union spirituelle avec Marie et Saint Joseph. Que Jésus nous accorde la Protection spirituelle de ses parents afin que nous soyons librement soumis à la Volonté de son Père. Demandons à Marie et Joseph de veiller sur nous et notre famille, afin que nous tendions toujours vers l’essentiel, et que nous goûtions à la Parole de Dieu avec l’amour d’un foyer uni. Demandons au Saint Esprit de nous faire grandir en sagesse sous le regard de Dieu, pour réaliser la Gloire du Père.
p. Yann Van den Berghe.
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