* PROBLEME DE LA SOUFFRANCE OU MYSTERE DE LA REDEMPTION. * MYSTERE DE L’AGNEAU DE DIEU QUI OTE LES PECHES DU MONDE.
Le Sacrifice du Christ est l’acte intérieur de remise totale et inconditionnée à Dieu, accompli et visiblement signifié par tous les actes extérieurs de sa vie, mais culminant et se totalisant en sa mort sur la croix, par lequel l’Homme-Dieu, médiateur entre l’homme et Dieu, nouvel Adam en qui le genre humain est contenu, s’offre douloureusement à la Dieu en qualité de Souverain Prêtre, réalisant ainsi, en même temps que la réparation du péché, la fin de la création, qui est l’union des hommes à Dieu en une sainte société d’amour.
1- Le Sacrifice
L’idée de sacrifice est la plus haute expression de la religion et sa parfaite unité. Il faut en préciser le contenu, si l’on veut comprendre que le Sacrifice du Christ est l’acte d’amour suprême du genre humain, de telle sorte que sa Passion, sa Mort et sa Résurrection récapitulent, et, en droit, consomment l’histoire du monde. Le bien de la créature, le vérité de son être –donc de sa grandeur et son bonheur- ne peuvent être ailleurs que dans l’Amour, puisqu’elle est à l’image de Dieu qui n’est qu’Amour. Aimer Dieu, c’est Lui faire DON –ou abandon- de soi dans un libre élan d’obéissance filiale, comme éternellement, au sein de la Trinité sainte, le Fils rend au Père tout l’être incréé que le Père Lui donne en l’engendrant. Il nous est permis, en effet, de parler d’une obéissance éternelle du Fils à l’égard du Père et de voir en elle le modèle éminent de l’obéissance de la créature envers son Créateur. Car l’homme est appelé à participer par la grâce de l’adoption filiale, à cet élan qui constitue le Fils dans son être de Fils. Si dans la Société des Trois Personnes, l’Amour du Fils peut être appelé obéissance, combien plus –incommensurablement- l’amour doit-il porter ce nom, quand l’aimant est créature et l’aimé, créateur. Obéissance, autre nom de l’amour, vrai nom de l’amour, car il ne se peut que l’homme soit uni à Dieu en participant à la filiation du fils Unique, s’il ne consent librement à participer à son obéissance. Or le sacrifice n’est autre que la reconnaissance par l’homme, de la souveraineté de l’Amour qui le créé et l’élève à Lui. Attitude intérieure d’amour obéissant en réponse à la gratuité de l’amour ; remise totale et inconditionnée de soi entre les mains de Dieu ; Libre soumission de la Volonté qui ratifie la sou-mission de faire (la situation sub-ordonnée) de la créature devant le Créateur : REDDITION du DON, c’est-à-dire de tout ce que nous sommes, puisque tout ce que nous sommes est don de Dieu.
2- Le Sacrifice sq
Jésus avait placé sur sa chair mortelle et innocente tous les péchés des hommes. Il allait mourir sur la Croix cette « chair semblable à la chair de péché. » Rom. 8/3 et l’a ensevelie dans le tombeau, afin de détruire avec elle le péché. « La chair du Sauveur, cette image innocente du crime, a été livrée entre les mains des bourreaux, pour en faire à leur fantaisie ; ils l’ont frappée, les coups ont porté sur le péché ; ils l’ont crucifié, le péché a été crucifié ; ils lui ont arraché la vie, le péché a perdu la sienne. » Bossuet. Le Christ ressuscité s’est dépouillé de sa chair mortelle, symbole du péché et du vieil homme, sur laquelle pesait tous les péchés, tous les crimes de l’humanité ; il s’est revêtu d’un corps Glorieux, et Il vit d’une vie nouvelle. C’est ainsi que selon Saint Paul, la mort de jésus « fût une mort au péché une fois pour toutes et sa vie (glorieuse) est une vie pour Dieu. » Rom. 6/10.
Nous devons nous aussi nous regarder à l’exemple du Sauveur « comme morts au péché et comme vivants pour Dieu en Jésus Christ Notre Seigneur. » Rom. 6/11.
3- Le Christ Médiateur
Le genre humain tout entier doit se soumettre à Dieu. Mais esclave du péché, il en est radicalement incapable. Car Dieu est Dieu, et la distance entre Lui et nous est infranchissable. Dans le Christ, elle est franchie. Homme Dieu, Jésus est, de par sa double Nature, Médiateur entre l’homme et Dieu. Médiateur, mais non pas au sens d’intermédiaire. On dit d’une nation qu’elle est médiatrice entre deux nations qu’oppose un différent, quand elle se tient, pour essayer de rapprocher les points de vue, à égale distance entre l’une et l’autre. Ce serait une absurdité d’attribuer au Christ une médiation de cette sorte, car il ne saurait exister un être si haut soit-il, si incommensurablement élevé qu’il soit au-dessus des anges, qui ne soit infiniment distant de Dieu. Le Christ n’est pas entre l’homme et Dieu ; Il est Homme-Dieu. Etant Homme, rien ne peut faire qu’Il ne le demeure à jamais. L’Alliance contractuelle établie au Sinaï, était préparation et figure de l’Alliance « ontologique », c’est-à-dire enracinée dans l’être même du Christ. Un contrat peut être résilié ; si l’Ancienne Alliance pouvait l’être du côté de l’homme, elle ne le pouvait de la part de Dieu, car Il est fidèle ; mais la nouvelle Alliance ne peut être rompue ni du côté de l’homme, ni du côté de Dieu, car l’Homme-Dieu sera éternellement l’Homme-Dieu, infrangible, indéchirable. Tel est le « mystère caché en Dieu depuis l’origine du monde, maintenant révélé. » Tel est le sens de la parole de Jésus : « Nul ne vient au Père, sinon par moi. »
4- Le Christ, Nouvel Adam
Médiateur, donc, mais pas au sens usuel du mot. C’est pourquoi Saint Paul, sans doute, hésite à donner ce nom au Christ ; Il ne le fait qu’une fois, comme en passant. Mais il créé exprès pour lui un titre qui, contenant éminemment celui de médiateur, le rend désormais inutile. C’est le titre de « nouvel Adam. »
Le Christ n’est pas seulement Dieu avec nous, parmi nous. Il faut dire qu’il nous contient tous en lui, qu’il résume en lui l’humanité. « Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ. » L’idée même de la théologie paulinienne, c’est la solidarité de tout croyant avec le Christ dans sa mort et sa résurrection, comparable à la solidarité de tout homme en Adam dans le péché. Une seule condition est requise pour que chaque personne humaine soit associée à la mort et à la résurrection du Christ : la foi, c’est-à-dire la libre adhésion à Lui et à son œuvre..
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