
Ô Vérité, qui es-tu, d'où viens-tu, où vas-tu ?
N'es-tu pas celle qui dévoile ce qui était, ce qui est, ce qui sera ?
Quel Esprit t'envoie, quel Dieu ?
Vérité, vérité, tout le monde te veut pour entrer en confiance avec soi-même et avec l'Univers tout entier.
Les philosophes grecs te cherchaient inlassablement !
Vérité, serais-tu réalité au milieu de notre pauvre humanité ?
Qui t'enverrait au milieu de notre jardin de ronces ?
Serait-ce donc un dieu d'amour ?
Tu ne saurais être annoncé par un être de haine !
Serait-ce aussi un dieu de bonté ?
Tu ne saurais être annoncé par un dieu de vengeance !
Serait-ce encore, peut-être, un dieu de beauté ?
Tu ne saurais être annoncé par les démons !
Car ta substance apaise, ton essence sème la confiance, ton regard conduit à la beauté bienheureuse.
Nos cinq sens ne sauraient, tant ils sont dénués de bon sens, t’accueillir et te transmettre, sans tâcher ta réalité immaculée.
Notre sensibilité saurait-elle ressentir vraiment ce que tu es, ce que tu sèmes, ce que tu fais germer dans les cœurs qui te cherchent ?
Notre volonté est-elle assez forte pour te chercher tous les jours de notre vie jusqu’à te trouver .
Notre raison est-elle assez humble, pour toujours te proclamer, sans jamais laisser passer le mensonge qui te hait ?
Tous les hommes te cherchent, mais regarde ! En vérité, tous les hommes te haïssent, car ton essence va au-delà de nos instincts et de notre confort en ce monde présent !
Faut-il vivre de la souffrance qui alimente nos années terrestres pour comprendre qui tu es, pour découvrir ta face ?
Faut-il vivre pauvrement, afin que notre vie, en harmonie avec la nature, te trouve dans la fleur des champs, dans l'arbre des forêts ?
Es-tu simplement pendu au-dessus de nous, comme le fruit qui se pare de couleurs envieuses à croquer ?
Suffit-il de lever les yeux vers le ciel, ayant ainsi un regard suffisamment large, pour te trouver et vivre par toi, avec toi et en toi ?
Ô vérité, retourne vers Celui qui t'a envoyé ! Demande-lui simplement de nous donner la grâce céleste qui nous permettrait de t'accueillir tous les jours de notre vie. Ainsi nous te proclamerions dans l' au-delà du désespoir dû à nos guerres sans lendemain.
P. Yann