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L'Evangile de Saint Jean Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Il est difficile de dire en quelle langue cet Evangile fût composé. Directement en grec ? En araméen et ensuite traduit en grec ? Si l'auteur a écrit cet ouvrage en grec, il ne sera pas surprenant d'y rencontrer des aramaïsmes, puisque Saint Jean, même s'il écrivait en grec, ne pouvait penser qu'en sémite.

But :


    • L'auteur nous indique son intention en 20,30. Moins encore que les synoptiques, Jean n'a pas l'intention d'écrire la vie de Jésus. Car tandis que ceux-ci traçaient quand même, à grands traits, une esquisse des principaux faits et dires de Jésus, Jean vise un but beaucoup plus précis. Il a délibérément écarté beaucoup de « signes » ou « miracles », et n'a choisi que ceux qui pouvaient servir son but : nourrir et développer la foi de ses lecteurs (« afin que vous croyez »).

    • Il ne s'agit pas de convertir. Les Evangiles écrits s'adressent à des croyants. Du reste, il suffit de lire les premiers mots de Jean pour s'en convaincre; ils ne sont intelligibles que pour des croyants. Les chrétiens auxquels s'adresse Jean ont déjà la foi, mais il veut que cette foi soit pour eux une nourriture, une vie : « qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

    • Quel est l'objet de cette foi ? Qu'est-ce que les lecteurs de Jean sont invités à croire ?


1°) Que Jésus est le Messie (« pour que vous croyez que Jésus est le Christ. ») C'est la première vérité mise en lumière, en opposition avec l'incrédulité du « monde » (« il vint chez lui, et les siens ne le reçurent pas » 1,11), mais aussi en relation avec la foi des disciples (« nous avons trouvé le Messie » 1,41).

Le messianisme tient une place importante dans cet Evangile : Le Baptiste proclame que ce n'est pas lui, le Messie (1,20 – 3,28); les autorités juives (7,52) le peuple (7, 25-31; 7,40-43; 12,34) et les samaritains (4,29) discutent messianisme; les premiers disciples confessent la messianité de Jésus (1,41; 4,29); tout cela malgré la menace d'excommunication (9,22; 16,2).


2°) Que Jésus est le Fils de Dieu. Dés le prologue, Jean le présente comme étant le logos, la Parole éternelle du Père, par laquelle tout a été fait. Et le quatrième Evangile met ce second point plus encore en relief que le premier. C'est ce qui contribue le plus à lui donner sa profondeur spirituelle : il introduit au mystère même du Fils de Dieu.


Genre littéraire :


Le genre littéraire du quatrième Evangile lui est tout à fait propre. Aucun autre Evangile ne procède de cette manière.


Le genre littéraire est commandé par le but que se propose l'auteur : nourrir et développer la foi des chrétiens. Cette foi s'alimente à la contemplation du Verbe, « venu dans la chair », c'est-à-dire rendu visible à nos yeux. Elle s'attache donc aux faits et gestes de Jésus, mais pour parvenir par eux et à travers eux jusqu'à la signification divine qu'ils comportent, et que l'auteur lui-même, arrivé au terme de sa vie, a pu longuement méditer. Saint Jean est tout pénétré de la contemplation du verbe de Dieu dans la chair : « Le Verbe s'est fait chair, et il dressa sa tente parmi nous, et nous avons vu sa gloire (reflet de la divinité), gloire comme d'un fils unique, venu du Père, plein de miséricorde et de fidelité. 1,14.


C'est à la même contemplation que Saint Jean invite ses lecteurs. Tandis que dans les synoptiques toute la lumière vient de Jésus et « se répand  sur les hommes pour les instruire », dans l'Evangile de Saint Jean, toute la lumière est pour ainsi dire concentrée sur Jésus lui-même : « Philippe, qui me voit voit mon Père » 14,9.


Comment Jean s'y prend-il pour atteindre ce but ? C'est d'une manière à la fois historique et symbolique.


1°) Historique d'abord. Il est bien clair que les faits de la vie du Christ choisis par Saint Jean sont bien présentés par Lui comme s'étant historiquement réalisés. L'auteur insiste sur la réalité des faits rapportés. Il se présente comme témoin de ces faits (19,35). Et les disciples de Jean tiennent à confirmer son témoignage (Jn 21,24.)

L'intention de l'auteur est délibéremment historique (Cf par exemple 20,30). Il faut donc reconnaître au quatrième Evangile la même valeur historique qu'aux trois autres : les faits rapportés sont authentiques. Ce qui ne signifie pas pour autant que l'auteur ne prenne une certaine liberté avec l'ordre chronologique des faits qu'il rapporte, comme le font aussi les synoptiques.


2°) S'il est historique, le genre littéraire du quatrième Evangile est symbolique également. Saint Jean ne rapporte pas toutes les actions de Jésus, mais en choisit certaines. Ce choix est déterminé par une préoccupation symbolique. Il choisit celles qui lui paraissent le plus apte à conduire l'esprit du lecteur, par le moyen du symbolisme, à la contemplation du sens profond de la venue du Logos parmi les hommes.


Il choisit par exemple le miracle de la guérison de l'aveugle-né pour faire bien comprendre que le Christ est la vraie Lumière. La vraie, c'est-à-dire la lumière-réalité, celle qui importe le plus, celle sur laquelle Jean veut diriger l'attention du lecteur, au-delà de la lumière symbole, qui est la lumière matérielle.


Il choisit le miracle de la multuiplication des pains pour faire comprendre qu'au-delà du symbole (pain matériel), il faut chercher un pain plus important (« Travaillez, non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnnera le Fils de l'homme »). Ce pain plus important, ce pain-réalité, c'est le pain de l'âme, c'est-à-dire en définitive Jésus Lui-même : « Je suis le pain descendu du ciel » 6,41.


Plan

On remarque une séparation très nette à la fin du Chapitre 12 : 12,37-50, qui invite à intituler ce qui précède le Livre des Signes. Ce qui suit est nettement dans la perspective de la Passion : 13,1 fait allusion à 19,30 : « Tout est achevé ».


On remarque un appendice : le ch. 21; les deux conclusions : 20,30 et 21, 24-25. Enfin, le prologue tranche nettement sur tout le reste.


Prologue : 1,1-18.

Les témoignages : 1,19-51.

        A – Le Livre des Signes et des oeuvres 2-12

        B – Le Livre de la Passion :

                a) le discours 13-17

                b) La Passion et la Résurrection 18-20.

Appendice : 21.


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