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Les grands thèmes autour desquels s'organise l'Evangile de Saint Jean sont ceux-là même qui constituent les signes de la puissance salvatrice de Dieu lors de l'Exode dont la Pâques juive est la commémoration rituelle.
Le plan s'ordonne autour des grandes fêtes de la liturgie juive, pour montrer comment Jésus en accomplit la signification.

Parmi ces fêtes, celle de la Pâque est celle qui joue le rôle le plus important.
Ainsi la première commence par le premier signe : Cana; anticipation de « l'Heure ». Vient ensuite l'épisode de l'entretien avec Nicodème, véritable catéchèse baptismale à laquelle fait suite l'épisode de la samaritaine (utilisé à Rome pour le premier scrutin baptismal).
La deuxième Pâque : discours sur le Pain de Vie.
La troisième Pâque : Lavement des pieds et lon entretien qui met en évidence la signification sacramentelle des gestes du Christ.
Comme Saint Jean avait commencé son Prologue par une allusion à la Genèse, à la première création, il commence maintenant son récit par une répartition en sept jours (sept jours de la Création) qui débouche sur le premier signe du Christ : Cana, premier signe des temps nouveaux, de la re-création.
Les témoignages
1- Le témoignage de Jean Baptiste devant les Juifs : 1/19-28
Il s'agit du Témoignage que le Baptiste, conformément au Prologue 1/6 et 15 doit rendre en faveur du Logos.
2 – Le témoignage de Jean Baptiste devant « Israël » 1/29-34.
Le mot « juif » a souvent une nuance péjorative dans l'Evangile de Saint Jean, écrit à une époque où la Synagogue s'est résolument séparée de l'Eglise chrétienne.
De fait, ces autorités de Jérusalem étaient loin d'être bienveillantes. Maintenant au contraire, c'est devant « Israël », v.31, que Jean Baptiste va témoigner en faveur du Messie.
Que signifie l'expression qu'il emploie pour le désigner : « Voici l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ?
Quatre explications possibles :
a) L'agneau serait une allusion à la victime offerte en sacrifice pour le péché.
Mais le quatrième Evangile ne met jamais en relief cette idée que la mort du Christ fut un sacrifice expiatoire pour le péché.
b) Ce serait une allusion à l'Agneau Pascal...
Mais puisque cette idée que le Messie serait un nouvel Agneau pascal n'était pas familière aux auditeurs du Baptiste, le témoignage de Jean eut été sans effet : on ne l'eut pas compris.
c) Ce serait une allusion à l'agneau dont parle Isaïe 53 : Le Serviteur Souffrant.
Nous savons que les Juifs attendaient un Messie triomphant, mais non le Serviteur Souffrant : même Pierre, lors de sa profession de foi à Césarée, tout en proclamant par une inspiration surnaturelle que Jésus est le Messie, Fils du Dieu Vivant, n'accepte pas que le Messie souffre et meure (Mt 16,22).
d) Enfin, ce pourrait être « l'Agneau Chef et Guide des brebis » de certains textes apocalyptiques, autrement dit le Messie. Cette explication semble la bonne. On trouve la trace, dans la littérature apocalyptique, d'une image employée pour désigner le Messie, c'est celle de l'Agneau qui conduit le troupeau messianique. On la trouve en Apocalypse 7,17; 14,1-5; 17,14.
Une seule difficulté, mais qui ne paraît pas insurmontable : le mot employé par l'Apocalypse (armion) n'est pas exactement le même que celui de Jean 1,29 & 36 (amnos).
Le choix de Jean a peut-être été commandé par son désir d'insister sur l'idée de force (amnos traduit mieux le mot sémitique qui désigne le mouton adulte.)
Que le terme « Agneau » soit synonyme de Messie, cela semble manifeste d'après le contexte : dès que le Baptiste a proclamé : « Voici l'Agneau de Dieu », André, qui a compris, dit à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie ». 1,41.
3 – Le témoignage du Baptiste devant ses propres disciples (1,35-39)
Suivre Jésus pour demeurer là où il demeure, chercher Jésus pour le trouver, voilà ce qui constitue l'essence même du disciple; suivre et chercher, c'est ce que le Christ exige de celui qui veut être son disciple; trouver et demeurer, c'est la récompense de ceux qui ont su suivre et chercher.
4 – Le témoignage des disciples du Baptiste : 1,40-42.
5 – Les témoignages en Galilée (1,43-51).
« Voici vraiment un Israélite en qui il n'y a nul dol ».
Israélite devrait se dire en araméen « Israël ».
Le nom d'Israël ou de Jacob est donné à l'homme qui reconnaît Yahvé pour le seul et vrai Dieu.
Israël est celui qui est fidèle à Yahvé.
Du reste le mot « dol » signifie sans doute l'infidelité religieuse, l'idolâtrie.
« Tu verras le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l'Homme » : allusion au songe de Béthel (Gen. 28,10-17). Le songe de Béthel avait manifesté la spéciale sainteté du lieu où s'était endormi Jacob. « En vérité Yahvé est en ce lieu et je ne le savais pas ! » De même Dieu manifestera la sainteté de Jésus, en qui se trouve une toute spéciale présence de Dieu. C'est en somme la « glorification » de Jésus qui est annoncée ici. « Tu verras de plus grandes choses encore » : il s'agit d'abord du signe de Cana – Nathanaël est de Cana (Jn. 21,2) – manifestation initiale de gloire (2,11) puis des autres signes dont il sera question dans le reste de l'Evangile de Saint Jean, en particulier de ceux qui annoncent plus spécialement la résurrection de Jésus, surtout la résurrection de Lazare (11,40). Recommandez (57) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 794
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